HANDICAPES EN DETRESSE
DE SOINS INFIRMIERS

Pour votre info' :
- l'adresse du site de Claude est : http://www.hedsi.fr.fm/,
- l'adresse mél de Claude est : chanzy.claude@neuf.fr,
son nouveau numéro de téléphone (depuis le 19/01/2005) : 05-53-68-22-59,
- l'adresse de la page que vous lisez est www.laremi.com/hedsi.html,
- l'adresse de la page "mère" est www.laremi.com/solidarite.html, et l'adresse de notre site : http://www.laremi.com,
- cliquez parfois sur le titre pour lire le texte.

NB : H.E.D.S.I. pour «Handicapé En Détresse de Soins Infirmiers».
Dernière mise à jour de cette page : 06/12/2009.




Claude et Janine écrivent à Larémi le 6 décembre 2009.
Date: Dimanche 6 Décembre 2009 14h14mn 07s
De: "Claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
À: "Association LAREMI" <associationlaremi@yahoo.fr>
Objet :
Aux actes... Citoyens !
De nombreuses émissions et documentaires, de plus en plus en ce moment, mais oh combien tardifs pour celles et ceux qui doivent se lever tôt, nous montrent :
- Des pauvres de plus en plus pauvres...
- Des riches de plus en plus riches et de plus en plus nombreux...
- Comment la loi leur permet de se soustraire à l'impôt ... Oeuvres d'art ... Fondations à l'étranger ...
- Ces entreprises qui utilisent le "prix de transfert " pour, elles aussi, ne pas participer au financement du pays... A leur devoir "social" 80% de celles du CAC 40 sembleraient le faire aux derniers chiffres... Vous savez le principe: je vends un produit à 10€ à une société (une filiale bien sur) basée dans un paradis fiscal ... Puis cette société revend le même produit (qui n'a pas eu besoin de bouger) en France mais cette fois à 100€.... Sans payer d'impôt non plus...
- Les dépenses de plus en plus somptuaires de l'Elysée et des ministères ... (la dernière: 180 millions d'euros pour l'achat et l'aménagement du nouvel Airbus A330 pour notre cher président... )...
Et toujours RIEN ... Pour ne pas dire : pas grand chose sur LES INVISIBLES !
Ou si peu .... Juste pour la bonne conscience et pouvoir dire "on en a parlé".
10% de la population ... Qui vit en dessous du seuil de pauvreté !
5 % de la population ... De "mal logés"
1,5% de la population qui survit avec une AAH en dessous du SMIC: Coupable d'être Handicapé ?
265 morts dans la rue en 2008...
Tous ces invisibles qui sont condamnés à de double ou triples peines !
Malades et devant se justifier, croulant sous les paperasses parce qu'ils sont peut-être allés à Lourdes ou ont gagné au loto !
Coupables d'être licenciés ...
Coupables d'être à la rue...
Obligés de tendre la main car on ne la leur tend pas.
Alors .... Si on le créait ce "COLLECTIF", ce mouvement des INVISIBLES ...
Si on arrêtait le "politiquement correct" ....
Le gentilles pétitions et les manifs "bon enfant sage" qui défilent en chanson pour cacher la misère !
Si on l'ouvrait réellement !
Avec des actes !
Avis à tous les laisseurs pour compte !
Malades, Démunis, Précaires, Handicapés ....
Salariés et retraités pauvres....
SDF et "bénéficiaires" de minima sociaux...
Nous voulons créer avec vous le rassemblement, le collectif de toutes celles et ceux vivant au dessous du seuil de pauvreté.
Le collectif des "Invisibles Solidaires en France " rassemblera, toutes et tous, jeunes et vieux, les citoyens voulant vivre la tête haute !
Et si les ISF des nantis s'expatrient dans des paradis fiscaux, le notre se construira ici.
Par Toutatis ..... Promis !
Voilà nos objectifs.
Arriverons-nous à réveiller les dormeurs du mal ?
Nous n'avons plus rien à perdre.
Aux actes .... Citoyens !
Janine THOMBRAU janine.thombrau@cegetel.net
Claude CHANZY chanzy.claude@neuf.fr.


CLAUDE CHANZY nous invite à signer le «Manifeste de l'Express» :
.. •

Sur le site de l'EXPRESS.

27/06/2008.

CLAUDE CHANZY nous invite à rejoindre la «Marche des SansRien» : "Les INVISIBLES en marche : les «SANSRIEN» debouts et jusqu’au bout !" (contacts : mailto:sansrien33@aol.com; tel : 06-64-24-10-28).
Bordeaux Bayonne : lundi 9 juin, Bayonne Toulouse : mardi 10 juin, Toulouse Montpellier : mercredi 11 juin, Montpellier Marseille : jeudi 12 juin, Marseille Lyon : vendredi 13 juin, Lyon Dijon : samedi 14, dimanche 15 juin, Dijon Strasbourg : lundi 16 juin, Strasbourg Metz : mardi 17 juin, Metz Lille : mercredi 18 juin, Lille Rennes : jeudi 19 juin, Rennes Tour : vendredi 20 juin, Tour Paris : samedi 21, dimanche 22, lundi 23, mardi 24 juin, Paris Bordeaux : mercredi 25 juin.
Quelques détails sur notre page spéciale.

De BORDEAUX à PARIS.

09/06/2008 au 25/06/2008.

CLAUDE CHANZY nous écrit !

1. Il relaie le coup de gueule de JANINE
THOMBRAU (et nous aussi on le relaie !) : allez dans notre page "solidarité".

2. Il nous invite à rejoindre la «Marche des SansRien» du
09/06/2008 au 25/06/2008 de Bordeaux à Paris; quelques détails sur cette marche dans notre page spéciale.

Reçu sur associationlaremi@yahoo.fr.

13/05/2008.

Claude écrit à Larémi le 9 février 2007.
Date: Fri, 09 Feb 2007 17:55:25 +0100
De: "Claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
Objet: Nouvelles de Claude.
À: associationlaremi@yahoo.fr
Bonjour à tous,
Avec beaucoup de retard, permettez-moi de vous souhaitez à chacun d’entre vous une bonne et heureuse année 2007 où tous les espoirs sont permis si nous nous en donnons enfin les moyens.
Plus que jamais, je crois que nous avons tous la possibilité de faire sur ce lieu de passage qu’est notre existence le meilleur comme le pire.
Depuis mes trois grèves de la faim en 2003, je vis certes, heureux auprès de mon épouse, mais je n’ai pas gagné grand-chose, ni moi ni les autres.
Je vis donc toujours à Agen, dans un trou perdu, loin du travail, des compétences médicales et du soleil méditerranéen que je regrette. Nous cherchons à partir sur Nantes, Angers ou Montpellier, mais nous ne trouvons pas de logement à loyer modéré. Nous voulons construire mais là encore les conditions d’obtentions de prêt bancaire nous interdisent tout rêve. L’avenir n’est pas meilleur…
Bien sûr, des choses ont évolué, moins de personnes en dépendance vitale (personnes très lourdement handicapées) galèrent et donc bénéficient de la fameuse PCH (prestation de compensation du handicap). Mais celle-ci doit être avancée par les personnes handicapées pour payer leurs salariés et est remboursée trois à quatre semaines plus tard par le Conseil Général. Et vous percevez donc bien les tracas que cela peut poser quand les sommes avoisinent les 3 000 euros mensuels.
La nouvelle loi est en marche et les MDPH (maisons départementales du handicap) existent mais fonctionnent très mal. Alors on peut sans hésiter au bout du quinquennat actuel faire le bilan du troisième chantier présidentiel : un vrai bazar !!! L’espoir de jours meilleurs pour l’ensemble des personnes handicapées n’est pas pour demain. Mais peut-être s’inscrit il dans un projet global pour l’humanité ?
Je pense effectivement que tant que nous, personnes handicapées, nous ne prendrons pas en charge notre devenir, nous n’aurons aucune chance de participer pleinement dans cette société et nous devrons nous contenter longuement des miettes que l’on veut bien nous donner.
Mais pour bâtir un projet, encore faut-il exister et apprendre le « vivre ensemble ». Et cela le monde du handicap peine à le faire. Réunir des sensibilités différentes et des problématiques différentes n’est pas chose facile, voire même très difficile. Je connais cette expérience depuis des années et je reste profondément choqué par les uns et les autres qui se battent à leur façon en se foutant des autres. Moi le premier et les autres après…
D’aucuns plaident l’intégration, l’insertion de chacun en rentrant dans le moule en se fondant dans la masse. Malheureusement il faut bien constater que très peu d’entre nous arrivent à ce stade. Alors il faut se rassembler au sein d’un mouvement unitaire qui pourra parler haut et fort. Alors on criera au communautarisme ! Et alors ? N’est-il pas normal que des êtres humains démunis de tout se rassemblent pour défendre le peu de droits qu’ils ont.
Nous sommes toujours dans cette société qui a peur de tout et qui refuse de se regarder en face. Et c’est bien le drame de notre humanité. Nous n’avons jamais de problème car notre problème c’est les autres. C’est eux qui me gâchent la vie, qui m’empêchent de faire ce que je veux, quand je veux.
Mais le problème, c’est qu’on est tous condamné à l’AMOUR. En ce début du 21e siècle, nous allons être obligés à AIMER, que cela nous chante ou non. Car quel que soit le créateur déclaré ou non de ce projet audacieux qu’est notre planète, nous devons AIMER ou CREVER. Crever, c’est hyper facile, il y a qu’à continuer comme cela, nous sommes sur la bonne route… AIMER, c’est plus ambitieux et c’est le seul moteur qui a permis que notre terre soit ce qu’elle est. Mais AIMER prend un sens nouveau depuis des décennies car il faut AIMER ensemble et donc partager. J’ai un ami, dominicain, qui me disait cette phrase : « Moi j’ai RIEN et toi tu as TOUT, mais si tu veux on PARTAGE !!! ».
Voilà donc à quoi nous devons nous atteler, nous devons PARTAGER : notre argent, notre richesse, notre revenu, notre pain, notre vie… Je me suis souvent interrogé sur l’utilité d’une vie d’une personne handicapée : elle ne peut faire grand-chose, réclame sans cesse, coûte cher, « gueule » tout le temps et exige tout, tout de suite. Mais c’est justement là son rôle, elle impose à tous le don de soi. Oui les personnes handicapées, les SDF, les étrangers, les exclus de tout poils rappellent quotidiennement l’exigence du PARTAGE et de l’AMOUR aux nantis.
Voilà ce qui guidera mon vote aux prochaines élections.
A chacun je souhaite un monde meilleur.
Claude.
(Mél mis sur le site le 11/02/2007).


Claude écrit au Président de la République.
"Date: Mon, 06 Feb 2006 20:26:35 +0100.
De: "claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr.
À: "L. A. R. E. M. I." <associationlaremi@yahoo.fr>
Sujet : Ma lettre à Chirac.
Cher Michel,
J'aimerai tant te dire, après 3 années d'accompagnements de LAREMI dans mon combat, que les choses bougent, que la Nouvelle Loi sur le Handicap et ses décrets d'application répondent à nos attentes, etc...
Las, tout n'est que mépris et mensonges...
Alors j'ai décidé d'écrire à Jacques Chirac et de lui dire ce que j'en pense de son chantier... Merci de partager avec tous les amis de LAREMI ces quelques lignes.
Je voudrais aussi remettre au creux du coeur de chacun d'entre nous le souvenir tellement présent de Sandrine qui nous a quitté ces jours derniers. Elle reste pour chacun d'entre nous notre "grande sœur" dans ce désir de vivre malgré tout. Venez lui rendre visite sur http://surlaroutedesandrine.free.fr/Templates2/actualite.htm, du fond de votre coeur, elle vous répondra.
Amicalement. Claude."

(Mél mis sur le site le 07/02/2006; cliquez ici pour lire la lettre de Claude au Président de la République en date du 30 janvier).

Claude nous écrit le 1er juillet 2005.
01 Jul 2005 20:51:27 +0200
De: "claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
À: "L. A. R. E. M. I." <associationlaremi@yahoo.fr>
.
"Mireille Stickel a cessé sa grève ce jour, voici son communiqué :
Suspension de la privation d'aide et de nourriture
. assumée par Mireille STICKEL
. depuis le 20 Juin 2005
«Vendredi 1er Juillet 2005
A la suite des réponses, parfois décevantes mais attentives à mes requêtes, que m'a apportées l'équipe dirigeante de la DDASS de l'Hérault venue chez moi ce matin, je décide de suspendre ce midi mon action de privation d'aide et de nourriture dans son 12ème jour.
En présence des autres participants (Emmanuel LOUSTALOT –APF 34 -, Henri REBOUL –HANDIGARD-, représentant l'ensemble de mes soutiens, et mes traducteurs), certains engagements ont été pris, mais ne seront formalisés que la semaine prochaine.
Je resterai extrêmement vigilante sur la concrétisation des promesses faites ce matin, ayant averti mes interlocuteurs que, si
leur parole n'était pas tenue, je reprendrais cette action sous la même forme.
Un compte-rendu de cette réunion va être dressé par mes soutiens et moi-même. Je le communiquerai dès que possible.
Je continuerai à informer sur les suites effectives de cette confrontation dès qu'elles seront palpables et à communiquer sur la
situation dans notre département.
Mais je souhaite remercier immédiatement l'ensemble des organisations, élus et personnes qui, par leur mobilisation active,
ont permis qu'une rencontre ait lieu et qu'une amorce d'évolution positive se dessine.
Mireille Stickel.»

Amicalement. Claude"
(Mél du 01/07/2005 mis sur le site le 03/07/2005).


Claude nous écrit le 23 juin 2005.
De: "claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
À: "L. A. R. E. M. I." <associationlaremi@yahoo.fr>

Date: Thu, 23 Jun 2005 19:25:12.

"Salut Michel.
J'aurais aimé t'écrire plus tôt et de donner la suite des événements.
Mes soucis quotidiens, les problèmes de la grande dépendance avec ses déceptions sans fin, ne m'ont permis de vous donner de mes nouvelles.
Pourtant, ce jour, j'arrête tout, pour prendre un petit peu de temps.
Sans entrer dans les détails, ma situation est au point mort. Pas de forfaits postes en vue. Plus de solutions. Je cherche activement
un avocat.
Mireille STICKEL pour des raisons semblables aux miennes a entamé une grève de la faim le lundi 20 juin.
Elle est à bout de ce système incohérent. Elle n'en peut plus. Nous non plus !!!
Mireille, ma femme a souhaité s'exprimer.
Peut-être arrivera-t-elle à relayer nos voix ?...
Merci de publier ce texte sur HEDSI.
Amicalement. Claude"
[Pour la suite cliquez ici].
(Mél du 23/06/2005 mis sur le site le 24/06/2005).


Claude nous donne plein de nouvelles, dont une très belle.
De: "claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
À: "L. A. R. E. M. I." <associationlaremi@yahoo.fr>

Date: 26 Déc. 2004 15:48:16

"Salut Michel.
Tout d'abord Michel, je te souhaite un bon et joyeux Noël. Oui je crois que l'année 2005 sera bonne car...
"
[Pour la suite cliquez ici].
(Mél du 26/12/2004 mis sur le site le 10/01/2005).


Claude nous fait le récit de son voyage à Paris.
"De: "claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
À: "L. A. R. E. M. I." <associationlaremi@yahoo.fr>
Sujet :

Date: 16 Mar 2004 21:25:52 +0100
Bonjour Michel,
Ce jour, il y a 45 printemps, ...
[Document sous format Word, cliquez ici pour y accéder].
(Mél du 16/03 mis sur le site le 16/03/2004, modifié le 31/03/04).

CLAUDE se promène devant l'Elysée !... Palais de l'Elysée, PARIS.

11/03/2004 à 14h30.


En décembre 2002, le judo à Etréchy ouvrait son site à l'ombre de LAREMI (http://ajes.laremi.com).
Aujourd'hui,
2è beau bébé de LAREMI, le site imaginé par CLAUDE CHANZY ouvre ! (Pendant quelques temps encore, nous laissons à votre disposition cette page qui relate les relations de CLAUDE avec LAREMI).

http://www.hedsi.fr.fm/.
Son adresse mél : info@HEDSI.fr.fm.
01/02/2004.

Claude nous répond sur un point du Conseil des Ministres du 28/01/2004.
"De: "claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
À: "L. A. R. E. M. I." <associationlaremi@yahoo.fr>
Sujet :
avant-projet de loi pour l'égalité des droits et des chances des personnes handicapées (ayant pour objet de réformer la Loi d'orientation du 30 juin 1975) en Conseil des Ministres.
Date:
19 Jan 2004 21:25:15 +0100
Cher Michel,
Tu peux mettre sans problème mon mèl sur le site.
Le site HEDSI n'est pas encore finalisé. On produit actuellement une page "presse" qui comportera entre autre les articles sur ma grève de la faim, une page "photos" qui fera voir le bonhomme dans les différents moments de la journée, et certainement une page intro avec un dessin d'un handicapé mal rasé et dégoulinant de crasse sur son fauteuil roulant. Il y aura aussi une page d'actualité sur les événements autour des soins infirmiers.

En ce qui concerne le projet de loi concernant "l'égalité des chances et des droits des personnes handicapées", je vais essayer d'être le plus clair possible.
* Introduction.
Le Président J Chirac a qualifié de "réforme essentielle" la future loi en faveur des personnes handicapées et a appelé à "un changement profond de mentalité".
En l'état, le pré-projet de MT Boisseau présenté le 10/12/03, projet qui "va coûter cher", de l'aveu même de la Secrétaire d'Etat, manque d'ambition et n'est pas à la hauteur de l'attente des personnes handicapées. L'ensemble du texte de 1975 n'a pas été repensé. C'est une réelle déception, surtout après une aussi longue attente. L'emballage paraît vide de contenu... au lieu du résultat attendu ! Par exemple l'avant-projet a "oublié" une revalorisation significative de l'AAH (Allocation Adulte Handicapé), une intégration scolaire pour tous à partir de vraies mesures concrètes, l'accessibilité réelle de la cité, une claire reconnaissance du droit à compensation. Qui accepterait de vivre dans de telles conditions ? Si de telles mesures ne sont pas inscrites dans la Loi et ses Décrets, ceux-ci resteront de véritables insultes à la dignité humaine. Ce texte peu ambitieux ne répond pas aux attentes des personnes concernées, ne précisant même pas, ni les moyens, ni les délais, pour parvenir aux objectifs fixés. En situation de handicap, on doit pouvoir exercer ses droits fondamentaux comme tout citoyen, accédant à l'entière participation aux activités de la société. Là est l'essentiel d'une Loi. Il n'est plus question de se contenter de petites mesures et d'attendre 30 ans de plus !
L’annonce de J Chirac du 14 juillet 2002 qui avait suscité beaucoup d’espoirs et qui définissait le handicap comme le troisième grand chantier de son quinquennat me laisse pantois. En effet... quel beau chantier on a vu en cette fin d'année européenne du handicap !!!
Seulement voilà, les personnes handicapées ne croient plus au Père Noël ! Elles en ont assez d’attendre en vain la concrétisation des promesses des hommes politiques. Il est indispensable que chaque personne handicapée soit capable de se faire enfin entendre en criant son mécontentement et son exaspération. Il faut concrétiser les deux verbes suivants : agir et revendiquer. Point de salut pour nous, personnes handicapées, sans l'action et la revendication.
De plus, il manque à ce texte la référence à des concepts forts, nés des évolutions au niveau international, tout particulièrement la Classification Internationale du Fonctionnement, du Handicap et de la Santé de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
* L'AAH.
Mesures révoltantes !!! Son montant ne sera pas revu : un scandale pour les personnes en situation de handicap qui doivent vivre avec la moitié du SMIC !!! On ne voit aucune perspective d'évolution favorable qui permettrait une vie digne pour les personnes qui ne peuvent travailler. On regrette que l'AAH ne soit pas fixé par référence au SMIC.
* Le droit à compensation.
JF MATTEI a estimé que l'avant projet marquait une rupture en passant d'une logique de protection promue par la loi de 1975 à une logique d'intégration.
Le texte place au coeur de la réforme le droit à compensation alors que dans une loi prévue pour construire la politique du handicap pour 30 ans, la priorité est de prévoir l'accès et la participation des personnes en situation de handicap dans la société.
Il insiste sur la notion de compensation du handicap avec la liberté du choix de vie. Cette compensation des conséquences du handicap, quel qu'il soit, prendrait la forme d'une aide financière ou humaine, adaptée aux besoins de la personne, qui compléterait les ressources tirées du travail et celles de la solidarité nationale.
Sa mise en oeuvre est très limitée car elle n'est pas conçue comme un droit mais comme une aide, ce qui suppose qu'elle ne sera pas intégralement financée.
Le droit à compensation tel qu'il est prévu exclut les enfants et les jeunes titulaires d'une Allocation d'Education Spéciale (AES), sans donner la garantie de faire face à l'ensemble des besoins de compensation.
* Les maisons départementales à guichet unique.
Apellées "Maison du handicap" elles doivent permettre la proximité et la simplification des services. Dans cette nouvelle instance, COTOREP et commission départementale de l'enseignement spécialisé (CDES) seraient regroupées afin de rationaliser les démarches administratives. La structure reste à définir, et le statut est imprécis.
Une équipe pluridisciplinaire unique est prévue pour traiter l'ensemble des dossiers de la personne handicapée.
* L'accessibilité généralisé.
Des mesures qui ne semblent pas améliorer la situation actuelle. Le principe d'accessibilité pour les établissements recevant du public existait déjà. Alors quoi de neuf ? L'obligation de mise en accessibilité des bâtiments est aussitôt assortie de possibles dérogations pour des raisons techniques, architecturales, économiques ou des mesures de substitutions acceptées. Décevant.
* La scolarité des enfants handicapés.
MT Boisseau a déclaré :"l'obligation scolaire sera écrite en lettres d'or dans la loi". La nouvelle loi "posera l'obligation absolue de scolariser tous les enfants et de mener pour chacun d'eux la meilleure scolarité possible".
Si le droit à l'éducation pour tous en milieu ordinaire est reconnu, il faut attendre de voir les mesures concrètes pour l'appliquer. Dans l'enseignement supérieur, un simple encougagement à faciliter l'accueil et la formation des étudiants handicapés, semble notoirement insuffisant.
* L'emploi des personnes handicapées.
Un point très positif est la mise en place d'une Agence pulique pour la gestion du fonds d'insertion des personnes handicapées (AGEFIPH). Pour atteindre l'objectif d'employer 6 % de personnes handicapées, MT Boisseeau a évoqué sans précision des incitations à l'embauche ou à contrario des sanctions plus sévères. Des avancées positives mais trop frileuses !!!
* La CNSA.
Cette réforme sera financée par la CNSA d'où les recettes seront tirés d'un jour de compensation.
* Les réactions des associations.
Le Collectif des Démocrates Handicapés (CDH) a dénoncé "le manque de concertation et de transparence" dans la préparation de la réforme de la loi de 1975 sur le handicap et demandé au Premier ministre "l'ouverture d'un débat public dans tous les départements".
La Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés (Fnath) a demandé au gouvernement d' "améliorer" son projet de décret sur la retraite des handicapés qui, selon elle, exclut notamment "les périodes d'arrêts de travail pour maladie ou accident". La Fnath demande notamment que "les périodes d'arrêts de travail pour maladie ou accident du travail soient considérées comme périodes de travail", car les travailleurs handicapés "sont exposés plus souvent à des arrêts de travail justifiés par leur état de santé".
L'Association des Paralysés de France (APF) estime que ce texte est loin de la "grande loi" annconcée par le Président J Chirac. L'avant-projet de loi ne prévoit pas prioritairement la reconnaissance de l'accès aux droits fondamentaux reconnus à tout citoyen pour les personnes en situation de handicap.
L'Association Française contre les myopathies (AFM) demande la refonte du projet. Elle dénonce le manque de concertation du monde associatif : "les associations doivent être écoutées, non entendues". Les grands axes énoncés suffisent pour dire que des objectifs de progrès ne pourront être atteints si l'on reste sur un tel texte.
Le Groupement pour l'Insertion des personnes Handicapées Physiques (GIHP) semble satisfait de ce projet de loi. il apprécie la garantie du libre choix du projet de vie grâce à la compensation, la participation effective à la vie sociale grâce au principe d'accessibilité généralisé et la place de la personne handicapée au centre du dispositif qui la concerne. Il déplore avec force que ces grands principes soient battus en brèche par la mise en place de dérogations multiples. Le GIHP se réjouit, du fait de son histoire, de voir apparaître les transports adaptés comme alternative à l'accessibilité des transports publics.
Ce projet contient, énoncées sous forme de grands principes, beaucoup de revendications "giphiennes", mais aussi beaucoup de limitations, de dérogations, qui laissent dubitatifs quant aux résultats sur le terrain que pourra amener l'application de ce nouveau texte.
Amicalement.
Claude.
(Mél du 19/01 mis sur le site le 20/01/2004; les liens sont de LAREMI).

Présentation de l'avant-projet de loi pour l'égalité des droits et des chances des personnes handicapées (ayant pour objet de réformer la Loi d'orientation du 30 juin 1975) en Conseil des Ministres. [Voir l'avis de l'Unapei, du Collectif des démocrates handicapés; et nous allons demander à Claude son avis.]

Palais de l'Elysée, PARIS.

28/01/2004.


Le handicap vers l'autonomie : exemple avec HEDSI !
"De: "claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
À: "L. A. R. E. M. I." <associationlaremi@yahoo.fr>
Sujet :
Le nouveau HEDSI est arrivé !!!
Date: 18 Jan 2004 22:54:43 +0100.
Michel,
Le Nouveau HEDSI est en train de voir le jour, il sera entièrement finalisé pour le 1er février 2004.
Son adresse sera http://www.hedsi.fr.fm/.
A partir de cette date, je cesserai de t'importuner, il sera opportun que tu puisses pendant un mois laisser mes nouvelles coordonnées.
Cette nouvelle naissance, ne sera en aucun cas un adieu, puisque je vous tiendrais au courant de ma folle aventure.
Cher Papa, c'est avec émotion que je te remercie de la confiance que tu m'as fait. Si tu l'acceptes, je te propose de mettre sur mes liens, LAREMI, sans lequel, je n'aurais pu exister et en qui je me sens très reconnaissant.
Un grand merci.
Claude.
(Mél du 18/01 mis sur le site le 20/01/2004).


La situation de Claude début 2004 : l'impasse ?
"De: "claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
À: "L. A. R. E. M. I." <associationlaremi@yahoo.fr>
Sujet :
"Et ça continue...
Date: Sun, 11 Jan 2004 12:34:56 +0100
Bonjour Michel,
J'ai longtemps hésité avant de t'écrire ce mot. Car, logiquement je ne devrais t'annoncer que d'excellentes nouvelles. Oui je devrais te dire que tout va bien, que ce que l'on m'a promis est enfin arrivé, que tout baigne... Il n'en est rien.

En effet, au bout du 31e jour, j’ai accepté de me ré-alimenter, le 19 novembre 2003, puisque la DDASS venait de m’accorder un triple forfait-poste mandataire, et que l’institut qui me soigne acceptait de reprendre les soins du soir jusqu’au 31 décembre 2003.
Le 25 novembre 2003, lors d’une entrevue à la DDASS, il fut convenu qu'une association serait mon mandataire, que je serai effectivement l’employeur de mon personnel, qu'elle n’interviendrait qu’au niveau du contrôle de l’effectivité du paiement des salaires et établirait le bulletin de paie, sous réserve d’une évaluation précise de mes besoins en aide à la personne. Il me fut précisé que l’aide débloquée en urgence, ne répondrait dans un premier temps que partiellement à ma demande, et qu’un réajustement aurait lieu au cours de l’année 2004. Je n’ai à ce jour aucune trace écrite de cette entrevue.
Le 2 décembre 2003, mes besoins sont évalués en aide humaine. à 12 h par jour en semaine et à 6 h le WE, soit 312 h par mois. Je n’arrive pas ce jour à obtenir un compte-rendu écrit de cette évaluation.
Le 5 décembre 2003, on m’indique par téléphone que je ne dispose que d'un temps plein, soit, compte tenu des congés payés et des obligations légales (médecine du travail + formation du personnel + jours fériés), de 1333 h par an, soit 111.08 h par mois, soit 3.70 h par jour, soit 3 h 42.
La DDASS a bien précisé que des moyens supplémentaires serait débloqué en 2004 pour répondre aux besoins définis dans l'évaluation. Mon mandataire me précise que cela sera impossible en 2004 étant donné l’aide conséquente déjà accordée. Je ne suis pas, selon ses propos, le seul handicapé à satisfaire.
De plus, je devrais rémunérer mon personnel, et je serai remboursé ensuite. La DDASS a bien précisé que mon mandataire faisait le bulletin de paie et rémunérait mon personnel. Le montant de la rémunération n'a pas été énoncé.
Enfin , mon mandataire m'a affirmé que la DDASS l'avait prévenu que l'institut qui me soigne continuerait le soin du soir au delà du 31 décembre 2003, propos démenti par l'institut qui me soigne.
Dans une lettre du 22 décembre 2003, mon mandataire m’informe que les heures non consommées ne pourront être reportées d'un mois sur l'autre, ce qui veut dire que je ne peux pas prévoir dans mon contrat de travail une flexibilité horaire voire même une annualisation des heures de travail. Ce qui me semble difficilement gérable, et m’inquiète sur l’utilisation des fonds alloués mais non consommés dans le cadre d’une aide à la personne.
La tarification horaire du salaire brut sera de 7.78 € de l’heure.
Si je considère mon triple forfait-poste mandataire, conformément à la circulaire DGAS/PHAN/3A/n°2002-522 du 11 octobre 2002, il m'est attribué 9 650 € par an, ça fait 804,16 € par forfait mensuel, soit, pour trois forfaits (cas maximum courant), 2 412,48 € pour une personne dépendante par mois ! Soit 15 825.86 F.
Normalement étant l'employeur, je suis exonéré des charges patronales URSSAF. Si comme me l'a annoncé mon mandataire, je ne bénéficie que de 1 333 h annuelles soit 111 h par mois (pour 2 412.48 € mensuels). La masse salariale est donc de : 2 412.48 € / 111 = 21.73 € de l'heure.
En tenant compte de 10 % de congés payés, que je souhaite inclure dans le salaire, le salaire horaire brut est environ de : 21.73 € / 1.21 = 17.96 € = salaire horaire brut
Si, selon les termes de la lettre de mon mandataire le salaire brut est de 7.78 €, je m’inquiète de savoir où vont les : 17.96 € - 7.78 € = 10.18 € de l'heure ?
Je peux aussi considérer le problème autrement.
Je paie bien 7.78 € de l'heure mon employé, mais dans ce cas précis, j'ai à ma charge comme masse salariale horaire, congés payés inclus : 7.78 € X 1.21 = 9.41 €
Je dispose alors de : 2 412.48 € / 9.41 € = 256.37 heures mensuelles.
Soit quotidiennement : 256.37 / 30 = 8.55 = 8h33, ce qui est différent des 3h42 de mon mandataire.
Enfin ce contrat prend fin en décembre 2004. Aucune mention de reconduction n’est faite.
Donc tu comprendras que devant le fait que pratiquement tout et son contraire ayant été dit, et non écrit, par de nombreux intervenants, il m’est impossible ce jour, de m’engager plus avant sans avoir de certitude. J’ai beau questionner la DDASS et le Ministère, personne ne semble vouloir prendre position.
Mais que faut-il faire ? Je ne sais plus.
Je ne peux recommencer une quatrième grève de la faim, sans mettre ma santé en péril. Il faut donc que je trouve une autre façon d’exprimer ma colère pour obtenir simplement le droit de vivre dans la dignité.
De plus, en fin de droit des ASSEDIC, je perçois maintenant l’ASS, ce qui me fait une perte de revenus de 250 € par mois.
Ma situation n’est donc pas très brillante. Je dois absolument retrouver un travail pour continuer de survivre
.
Bonne année 2004 tout de même.
Claude.
"
(Mél du 11/01 mis sur le site le 11/01/2004).


Voeux de Claude pour 2004.
"De: "claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
À: "L. A. R. E. M. I." <associationlaremi@yahoo.fr>
Sujet : carte de voeux virtuelle sur Internet.
Pour en prendre connaissance, cliquez sur le lien ci-dessous :
http://cartes2.linternaute.com/asp/ecarte/ecarte_visu.asp?f_id_cartepostale=1420487&f_cle=8129083515. Cette carte restera disponible pendant 15 jours."
(Mél du 31/12 mis sur le site le 03/01/2004. Merci Claude ! Tous nos voeux de succès pour ton combat).
31 jours de grève de la faim ! Claude s'arrête. Victoire ?
"De: "claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
À: "L. A. R. E. M. I." <associationlaremi@yahoo.fr>
Sujet : Arrêt de la grève de la faim
Au bout du 31e jour, la DDASS 34 a bien voulu m'offir un forfait-poste pour que je paie quelqu'un le soir afin de me coucher à l'heure que je souhaite. Je signerai cet accord mardi prochain. L'institut qui me soigne accepte de revenir le soir en attendant que j'obtienne le forfait-poste.
J'ai donc cessé ma grève de la faim.
Le forfait-poste qui est versé à une association mandataire me donne la possibilité de choisir et gérer mon personnel.
Ce que j'ai obtenu à la force du poignet, il faudra que demain, nous nous battions ensemble pour que d'autres l'obtiennent.
Je remercie tous ceux et celles qui m'ont soutenu.
Amicalement.
Claude
".
(Mél du 19/11 mis sur le site le 20/11/2003).

27 jours de grève de la faim !
"De: "claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
Date: Sat, 15 Nov 2003 18:28:13 +0100
Le temps s'écoule lentement...
Et notre espoir d'un jour meilleur s'éloigne petit à petit...
Mme Marie-Thérèse Boisseau, secrétaire d'Etat auprès des personnes handicapées, après nous avoir promis son texte de loi en juin 2003, puis en septembre 2003, puis le 10 décembre 2003, nous annonce qu'il sera prêt pour février 2004...
A force d'attendre le droit de vivre dans la dignité, nous perdons tout simplement le goût de vivre...
Mon combat à vie s'inscrit dans une volonté de refus de la fatalité et dans une quête incessante du respect de la personne, quelque soit sa différence.
www.laremi.com/hedsi.html
Claude Chanzy
".
(Mél reçu et mis sur le site le 15/11/2003).


26è jour de grève de la faim ! Et pas l'ombre de l'esquisse d'une réaction...!
"De: "claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
Objet: 26e_jour_de_la_grève_de_la_faim_de_Claude_Chanzy
Date: Fri, 14 Nov 2003 13:35:59 +0100
Bonjour à tous,
Je ne peux vous donner de bonnes nouvelles.
La situation reste bloquée puisque ni le ministère ni la DDASS 34 ne peuvent (ou ne veulent) contraindre par astreinte l'APIGHREM, l'institut qui me soigne, à reprendre les soins du soir à 21h00.
Certains d'entre vous me demande ce qui peut encore être fait.
Je pense que vous pouvez exprimez librement votre réflexion sur ma situation auprès de
M. Robert YVANEZ
Directeur de l'APIGHREM
4 rue des Ourgouillous
ZA Les Avants
34270 SAINT MATHIEU DE TREVIERS
Tel : 04 67 55 16 00
Fax : 04 67 50 10 75
Merci à vous.
Claude Chanzy
".
(Mél du 14/11, mis sur le site le 14/11/2003).
14è jour d'une nouvelle grève de la faim pour Claude !
"De: "claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
Objet: HEDSI
Date: Sun, 2 Nov 2003 13:00:37 +0100
Je suis reparti, une nouvelle fois, dans un combat à vie, avec l'institut qui me soigne.
Depuis les incidents de cet été (refus d'obtempérer de l'institut qui me soigne sur le respect de l'horaire du soir à 21h00), les soins du soir m'ont été supprimés le 1er septembre.
Margré l'intervention de la Présidence de la République, du Ministère, de M. Dommergue (député), du Conseil Régional, de la Coordination Handicap et Autonomie et du
Collectif des Démocrates handicapés, et même de mon médecin, l'institut qui me soigne refuse de reprendre les soins du soir se foutant royalement du contrat signé.
A partir de juin 2002, a été mis en place, une expérimentation gouvernementale qui consiste à prendre en charge globalement la personne handicapée. Celle-ci reçoit, par l'intermédiaire d'une association, une prestation en nature (X heures / jour) ou une somme qui lui permet de rétribuer la ou les personne(s) de son choix.
Actuellement, vu la déficience des soins du soir, je demande à rentrer dans cette expérimentation en globalité ou partiellement. La DDASS 34 vient de me signifier qu'il sera budgétairement difficile de me faire rentrer dans le nouveau système, mais qu'elle étudie sérieusement la possibilité de faire venir les auxiliaires de vie du GIHP-LR le soir aux heures demandées.
Ce que j'aurai souhaité, c'est l'obtention d'une injonction de soigner de la part des autorités de tutelle, mais là il faut pas rêver.
Au niveau santé (14è jour de grève de la faim), je vais bien même si la fatigue se fait sentir. Une fois de plus, il a fallu que je pose ce geste ultime, pour que la situation se débloque. Les autorités de tutelle étaient au courant dès le début de l'affaire (le 30 juin), elles n'ont répondu à aucun courrier. Une médiatrice a tenté à deux reprises de proposer un contrat temporaire de 4 mois maximum à l'institut qui me soigne dans l'attente de mon transfert vers une nouvelle prise en charge. Réponse négative : on ne va pas s'amuser à faire des contrats particuliers répondant aux exigences des uns et des autres.
Je pense réellement que cette semaine la situation va se débloquer car l'attitude de l'institut qui me soigne commence à agacer le Ministère.
Malheureusement, la presse n'accorde pas pour l'instant d'audience à mon discours. Donc son effet est limité. Claude Chanzy est cet emmerdeur de première qui veut se la jouer belle. Il n'empêche que mon discours dérange et que de nombreux témoignages me conforte dans ce combat.
Claude Chanzy.

PS : le CDH a pris officielllement position et la région Sud Est Dom Tom a envoyé à tous les députés de la région une lettre demandant leur intervention d'urgence, voici le texte :
Monsieur le Député,
Le Président de la République Jacques Chirac a fait du sort des personnes handicapées l'un des chantiers de son septennat. Par ailleurs, l'Union Européenne a déclaré l'année 2003, Année européenne des personnes handicapées. Aussi je me permets d'attirer votre attention sur la grève de la faim entreprise le 20/10/2003 par M. Claude Chanzy de Montpellier (34).
Monsieur Claude Chanzy est une personne tétraplégique de 44 ans. Poliomyélitique depuis l'âge de 4 mois, il a passé 22 années de sa vie en hôpitaux et centres de rééducation. Grâce à sa persévérance, il est devenu presque totalement autonome. Il s'est inséré dans le milieu du travail comme comptable et vit en appartement.
Cependant son handicap l'oblige à recourir à des aides, en particulier pour passer de son fauteuil électrique à son lit le soir; et opération inverse, le matin. C'est là que se situe la source de ses problèmes. Comme vous le savez, le tarif des soins est le même pour les personnes handicapées que pour les personnes âgées, alors que les soins sont en moyenne 3 fois plus longs. Aussi après avoir recouru pendant des années, avec des chances inégales à des infirmiers libéraux, et après être resté trois années sans aucun soin infirmier, M. Chanzy a négocié un contrat de soins avec la DASS 34 et une association de soignants, l'APIGHREM. Aujourd'hui, il se bat pour un respect strict de ce contrat : M. Claude Chanzy n’étant ni un enfant, ni un malade, mais un adulte désireux de vivre en adulte, de décider de sa vie, qu’il veut digne, n'accepte pas que d'une façon régulière les intervenants de cette association le contraigne à se coucher avant 9 heures du soir. Depuis le début du mois de septembre, Claude Chanzy est contraint de dormir sur son fauteuil ou bien de recourir à l'aide de proches.
Monsieur le Député, il est temps que le ministère de la Santé intervienne auprès de la DASS 34 et l'APIGHREM pour que le contrat avec Claude Chanzy soit scrupuleusement respecté.
Le problème qui est posé à travers le combat de Monsieur Chanzy est celui des soins infirmiers pour les personnes handicapées.
Le Collectif des Démocrates Handicapées (CDH), dont fait partie M. Chanzy et qui le soutient, a élaboré un projet de réforme dont je vous propose de prendre connaissance à l'adresse électronique suivante :
http://www.cdh-politique.org/CDH_national.php?doc=dossier/soins.php&session=3f9edc103964d&session=3f9edc103964d
Le combat de M. Claude Chanzy fait l' objet d' une mise en ligne à l' adresse suivante :
http://www.laremi.com/hedsi.html
L'adresse du CDH est : http://www.cdh-politique.org/CDH_national.php
Vous pouvez contacter M. Chanzy à chanzy.claude@neuf.fr et au 04 67 79 17 76.
Vous pouvez aussi contacter nôtre délégué régional Alain Comoli à alain.comoli@freesbee.fr et au 04 90 95 01 75, le délégué de l’Hérault Serge Villain au 04 67 42 22 39 ou 06 18 47 61 24 serge.villain@wanadoo.fr .
Veuillez croire Monsieur le Député, en mes sentiments les plus respectueux.
L’équipe Régionale du Collectif des Démocrates Handicapés.

.
(Mél mis sur le site le 02/11/2003; les liens et les caractères gras sont de LAREMI).
En grève de la faim pour un respect d'horaire ?...!
"De : Claude CHANZY
Date : 3 Oct 2003 17:18:23
Depuis le 1er septembre 2003, mes soins du soir sont supprimés, je suis puni, comme un vilain petit garçon, qui ne veut pas aller au lit avant 21h00.
Vincent Humbert réclamait le droit de mourir. Moi celui de vivre dans la dignité.
Si le droit de me coucher à 21h00 ne m'est pas accordé, alors je recommencerai une grève de la faim le lundi 20/10.
Claude Chanzy.
(Mél du 01/09, mis sur le site le 02/09/2003).
Claude nous expédie ce "petit billet d'humeur"...!
"De : Claude CHANZY
Objet : HEDSI
Date : 25 Sep 2003 17:05
Depuis le 1er septembre, je n'ai pu de soins infirmiers parce que je m'obstine à refuser de me coucher avant 21h00. Je paye donc très cher ma liberté. Mais je ne suis pas le seul.
Un ami habite un quartier réputé peu sûr. Il a besoin d'être aidé pour la toilette, le lever, le coucher, et nécessite des soins particuliers.
Tous les cabinets d' infirmiers des environs ont refusé de venir dans ce quartier peu fréquentable.
Il a finalement trouve un seul cabinet d' infirmiers acceptant de venir.
Il y a 2 infirmiers : le premier est tres bien mais quand il n' est pas la c'est l'autre qui vient.
Le second boit et arrive parfois éméché; un jour, il a même failli le laisser tomber par terre sous l'effet d'une imprégnation importante.
Cet ami refuse de porter plainte car il n'y a que ce cabinet qui accepte de venir.
Dans 3 mois, l'Année Européenne des Personnes Handicapées sera close, notre Secrétaire d'Etat aux Personnes Handicapées aura peut-être déposé sa réforme de la fameuse loi de 75, on aura bien parlé (et bien bu) sur notre dos... et nous resterons seuls à espérer... un jour peut-être...
Merci, Michel, de me mettre ce petit billet d'humeur.
Merci de ton aide.
Claude.
(Mél du 01/09, mis sur le site le 02/09/2003).
Claude continue son combat !
"De: Claude CHANZY
Objet : HEDSI.
Bonjour Michel,
Depuis ma dernière lettre, j'ai cru que les choses allaient s'arranger. Les évènements récents prouvent le contraire.

1) Le samedi 16/08/03, à 20h50, l'équipe de soin arrive devant mon domicile. Je suis dehors, revenant de la promenade de ma chienne. L’infirmier me demande «d'y aller» (de rentrer pour commencer le soin). Je réponds : «Oui, dans dix minutes, à 21h00».
L’infirmier me précise alors que la «règle des 20 minutes» est toujours applicable. Je réponds : «Vous faites ce que vous devez faire ; je ferai ce que je dois faire».
L’équipe de soins part à 20h52. J’ai donc dormi pour la 3è fois sur mon fauteuil.

2) Le dimanche 17/08/03, la même équipe de soins arrive à 20h59. Je suis dehors en compagnie de ma tierce-personne et de ma chienne. Je leur dis que j’arrive dans une minute. L’infirmier me dit : «On vous accorde cette minute, mais si à 21h00 vous n’êtes pas dans votre appartement, nous partons». Je m’exécute. Pendant mon coucher, et ce pour la seconde fois, ma tierce-personne exprime, avec mon accord, le souhait d’être présente afin de se sensibiliser aux gestes professionnels de votre équipe. En effet, lorsque j’en exprime le besoin, je lui demande de me coucher, et j'informe l'institution de ne pas passer ce soir-là.
L’infirmier refuse sa présence, disant qu’il est gêné d’être observé. Je m’y oppose, rappelant que je suis libre de choisir qui peut être dans la pièce pendant mes soins. Il décide alors d’arrêter le soin et me laisse nu sur mon lit sans avoir fait la toilette du soir. Allant se laver les mains dans la salle de bain, je lui demande de ma chambre quels sont alors mes droits.
Il me répond : «Vous n’avez le droit de rien du tout ! ! !».

3) Le lundi 18/08/03 au matin, le médiateur du service arrive en même temps que l’équipe de soins : il souhaite assister au soin pour contrôler le travail. Etant donné que je n’ai pas été informé de cette venue et que je n’y ai pas donné d’accord préalable, je considère que c’est une intrusion, je refuse sa présence et l’invite prestement à sortir de mon appartement. Je signale que le contrat signé ne fait pas état de la possibilité d’une visite à « l’aveuglette » à mon domicile. En sortant, il a voulu adressé la parole à ma tierce-personne. Celle-ci se sentant obligée de discuter l’a invité à sortir. Le médiateur du service lui a indiqué qu’elle «n’avait en aucun cas le droit de rentrer dans ma chambre pendant les soins». Il s’est autorisé également à lui demander si elle pourrait assumer à l’avenir mes couchers. Elle a répondu que sa situation était, pour l’heure, provisoire. Je suis particulièrement choqué par cette attitude qui ne correspond en rien à l’attitude que l’on pourrait attendre, en principe, de cette fonction de «conciliation».

4) Le lundi 18/08/03 au soir, l’équipe soignante est arrivé dans mon appartement à 20h56. Je leur ai signalé que, conformément à un courrier précédent, toute intrusion en mon appartement avant 21h00 était une violation de domicile. L’équipe se dirige alors vers ma chambre. Je dis qu’ils n’ont pas le droit de circuler librement dans l’appartement sans mon autorisation avant l’heure d’usage, soit 21h00. Ils repartent donc à 20h58.
Je passe ma 4è nuit sur mon fauteuil.

5) Le mardi 19/08/03 au soir, la voiture de l’équipe soignante est arrivé dans le parking de mon immeuble à 20h52. A 20h57, l’équipe soignante se dirige vers moi. Je leur dis : « J’arrive dans trois minutes ». L’infirmière répond : «on s’avance !». Je dis «non, vous attendez trois minutes». L’équipe repart à 20h59.
Je passe ma 5è nuit sur le fauteuil.

6) Epuisé par ce combat, je propose de cesser du mercredi 20/08 au dimanche 25/08 inclus, les interventions du soir en espérant qu'une prise de conscience aurait lieue.
Les mêmes attitudes se répétèrent, et je passe ma 6è puis ma 7è nuit sur mon fauteuil les 25 et 26/08. Les jours suivants, je déclarais FORFAIT et me fis coucher par une amie. Ce jour, 1er septembre, les soins du soir à 21h00 me sont purement et simplement supprimés. De plus, si je ne change pas d'attitude (sic), je reviens à la case départ (je ne touche pas 20.000 F comme au Monopoly) et revogue la galère !!!
Oui à priori on pourrait croire que je me délecte à "faire c... mon monde".
Mais ce que je veux défendre derrière ces quelques minutes, c'est le respect de l'être humain, c'est sa liberté de profiter jusqu'à la dernière gorgée de la rare fraicheur en cette période caniculaire. C'est une affaire de respect de la personne et de son espace social. Rien d'autre !!!
C'est tout simplement le droit à la dignité. Je ne supporte plus "on est sur notre lieu de travail (sic), on fait notre boulot, et on se casse". Vous, tous les intervenants auprès d'une personne handicapée,
êtes chez une personne qui profite de votre passage pour goûter tous les bonheurs de la vie par votre aide humaine. Pendant des années, j'ai financé à perte mes soins infirmiers, et je n'avais pas toujours la qualité d'intervention souhaitée.
Ce jour, j'ai des soins gratuits d'une excellente qualité, mais je deviens petit à petit une chose objet de soins.

Oui Claude, il va falloir que tu te la mettes dans le crâne cette phrase : "Vous n’avez le droit de rien du tout ! ! !".
(Mél du 01/09, mis sur le site le 02/09/2003).


Réaction d'Alain aux déboires de Claude : la vraie question sur le handicap.
Le petit mot de Claude (les liens et les caractères gras sont de LAREMI) :
"De: claude CHANZY
Objet: HEDSI
Date: Sat, 26 Jul 2003 16:15:33 +0200
Michel, ci-joint la réaction de mon ami Alain du Collectif des Démocrates Handicapés (CDH).
Avec tous mes remerciements.
Amicalement.
Claude.
-=Début de citation=- :
Je suis indigné et révolté !
Pour avoir droit à des soins infirmiers, nous, citoyens handicapés, n'avons parfois, d'autre choix que de faire grève de la faim !
Claude a obtenu un accord après une deuxième grève de la faim pour que des infirmières rattachées à un centre viennent en externe chez lui pour le lever et le coucher. Ses"exigences" : savoir à l'avance l'heure à laquelle on viendra le matin et ne pas accepter qu'on vienne avant 21H le coucher !
Oralement et face à la pression de son action et de tous les soutiens, on lui a accordé ce luxe fou ! ...
Et puis, petit à petit, on ergote, on rabiote et on revient sur cette parole !
Claude a dormi dans son fauteuil parce qu'en plein mois de juillet, il n'avait pas envie de se retrouver au lit à 20h45 !
Claude a passé une mauvaise nuit parce qu'il refuse d'être pris pour un citoyen de seconde zone qui devrait dire " merci, bien content, déjà, qu'on s'occupe de moi ! "
Il va bien falloir que cette société comprenne notre folle exigence : Liberté, Egalité, Fraternité, Citoyenneté !, qu'une nouvelle "race" de personnes handicapées est là et qu'elles n'acceptent plus la charité, le paternalisme, le misérabilisme et osent lever la tête (et le poing !) en exigeant les mêmes droits fondamentaux que les autres citoyens et évidemment en acceptant les mêmes devoirs.
Quel citoyen valide en pleine force de l'âge accepterait d'être contraint à se retrouver couché avant 21h ?
Et si cette obligation existait, ne pourrait-on pas parler d'un pays avec un régime dictatorial ?
Devrions-nous accepter cela parce que nous serions dépendants ?
Parce qu'il y aurait 2 sociétés bien distinctes avec des droits et des lois différentes selon qu'on soit dans la norme ou à côté ?
Claude et les membres du CDH disont clairement NON; qu'on le veuille ou pas, nous faisons partie de cette société et ferons tout pour la faire évoluer en mieux !
".
-=Fin de citation=-
(Mél du 26/07, mis sur le site le 28/07/2003).
Claude n'est pas en vacances ! Une expérience qui dérape ?
Cliquez sur le titre pour lire le texte de Claude.
"Tue, 22 Jul 2003 16:18:48 +0200 (CEST)
Michel,
Suite à notre conversation de ce jour, voici le nouveau texte.
Amicalement.
Claude.".
(Méls des 17 et 22/07, mis sur le site le 22/07/2003).

Un ami de Claude, qui accompagne sa fille pendant ses dialyses à domicile, intervient sur le témoignage de Franck.
Le petit mot de Claude :
"22 Jun 2003 18:00:04 +0200
Bonjour Michel,
JP, un ami, qui accompagne sa fille pendant ses dialyses à domicile, intervient sur le témoignage de Franck.
Merci. Claude".
(Mél du 22/06, mis sur le site le 25/06/2003).
Claude nous fait parvenir un document de Franck ! (Quand donc quelqu'un se penchera sur ces problèmes ?)
Le petit mot de Claude :
"9 Jun 2003 18:35:40 +0200
Bonjour,
Je vais bien et j'ai toujours mes soins infirmiers. Peux-tu me mettre le texte en PJ. Merci. Claude".
Commentaire : encore heureux que tu aies toujours tes soins !


Claude se fait le relais d'une pétition contre la "Démarche de Soins Infirmiers" !
"Le CDTHED (Comité de Défense des Travailleurs Handicapés et pour l'Egalité des Droits), qui m'a soutenu pendant ma grève de la faim, fait signer une pétition contre la Démarche de Soins Infirmiers (DSI). Je souhaite mettre sur HEDSI cette pétition qui, partie de l'Isère, voudrait prendre une ampleur nationale.
Merci pour ton aide précieuse.
Amicalement. Claude."
(Mél du 29/04, mis sur le site le 30/04/2003; coordonnées du CDTHED, Comité pour le Droit au Travail des Handicapés et l'égalité des Droits :
4 place des Jacobins, 38130 ECHIROLLES, tph : 04-76-22-75-55).


Claude a rédigé un texte suite à sa grève de la faim.
Il nous l'a envoyé le 4 avril. Et nous ne le mettons que ce 26 sur le site... La faute aux vacances du webmestre : depuis il a des Cévennes et des truites plein la bouche ! Du coup, on l'a ligoté au site pour que cela ne se reproduise plus !
Comme il s'agit d'un communiqué du COLLECTIF DES DEMOCRATES HANDICAPES, nous faisons une page spéciale sans les logos ni les références de LAREMI.
(Mis sur le site le 26/04/2003/21h30).

Communiqué de presse de Claude.

22 fév. 2003 19:03:55 +0100

Le vendredi 21/02/03 à midi, la DDASS 34 a averti le directeur de l'APIGHREM qu'un accord avait été conclu quant à la création d'un service de soins infirmiers externalisés à domicile pour la prise en charge de cinq patients sur Montpellier et ses alentours.
Du fait d'une importante perturbation de la gestion du personnel de l'APIGHREM quant à l'arrêt des soins externalisés, faute d'un accord ministériel dans les délais prévus, le directeur de l'APIGHREM m'a dit sa difficulté de réorganisation et de redémarrage immédiat de son service.
Cependant, il s'est engagé solennellement à reprendre les soins du matin à partir du lundi 24/02/03. Les soins du soir devraient, quant à eux, reprendrent à la mi-mars.
Je suis pleinement satisfait de cette victoire et j'ai donc repris ce jour une alimentation normale.
Cette victoire, n'est pas MA victoire, elle est celle de toutes les personnes handicapées en rupture de soins. En effet, le gouvernement, a accepté le principe de soins externalisés, et a donc "entrebaillé" légèrement la porte d'un espoir pour tant de gens en souffrance. Il nous faut maintenant l'inviter à pousser encore plus cette porte en précisant que l'externalisation de soins ne peut être que l'une des nombreuses solutions pour la prise en charge des soins infirmiers et de la compensation du handicap.
Je tiens à remercier toux ceux qui, de près ou de loin, ont oeuvré à la réalisation de cette victoire, en particuler M. Marcel Nuss, président de la Coordination Handicap et Autonomie, l'Association des Paralysés de France (APF) et bien évidemment, le Collectif des Démocrates handicapés auquel j'associe de tout coeur mon nom au courageux combat politique qu'il mène depuis plus de deux ans.
Je remercie également les médias qui ont, dès le début de cette seconde grève de la faim, relayé l'information, en particulier, l'AFP, TF1, M6, France Bleu Hérault, RCF et Radio Maguelonne (Montpellier), Radio Nostalgie, Midi-Libre, L'Hérault du Jour, La Gazette de Montpellier...
Merci enfin, à tous ceux qui, au quotidien, ont su m'apporter écoute et réconfort.
J'ai gagné... alors que tant d'autres ont perdu. Je pense à Sophie, qui est menacée de rupture de soins le 15 mars 2003, par son Service de Soins Infirmiers à Dommicile (SSIAD) pour des raisons qui échappent à l'entendement et au bon sens.
J'en appelle à la SOLIDARITE... MAINTENANT !!! Il devient urgent que toutes les personnes concernées par le handicap, individus et associations de tous bords, trouvent un terrain d'entente pour unir nos efforts pour inciter dans les prochains mois le gouvernement à déclarer la guerre contre l'abandon social des personnes handicapées en France.

Claude Chanzy
www.laremi.com/hedsi.html.

Note de LAREMI : le lien vers l'APIGHREM et les caractères "gras" sont de LAREMI.
(Mis sur le site le 22/02/2003/22h30).


Claude reprend sa grève de la faim !
"... je ne m'alimenterai plus tant que je n'aurai pas un engagement concret".
Pourquoi en être là ? Parce qu'il ne s'agit pas seulement de faire des promesses.
Elles n'engagent pas (seulement) ceux qui les écoutent...
(Mis sur le site le 20/02/2003).

Mél envoyé par Claude.
Mél de Claude du 12/02/2003.
(Mis sur le site le 13/02/2003).

12 fév. 2003 18:54

Gréviste de la faim du 06 au 25/01/03 pour rupture de soins infirmiers, j'ai bénéficié à partir du 27/01/03 d'un service externalisé de
l'Institut APIGHREM de St Mathieu de Tréviers pour mes soins. Un binôme infirmier/aide-soignant est venu tous les matins et tous les soirs à mon domicile, et j'en suis pleinement satisfait.
Le directeur de l'APIGHREM, qui a accepté à titre exceptionnel et sur demande expresse du ministère de me prendre en priorité une semaine avant la création de son service de soins externalisés prévu le 03/02/03, n'a reçu à ce jour aucune garantie de déblocage des fonds nécessaires pour la création de son service. Aucune réponse ne lui a été donné.
Il vient, ce jour à 18h00, de me confirmer par e-mail qu'il cessera sa prestation le soir à partir de demain, jeudi 13/02/03. Si une solution tarifaire correspondant au coût réel ne lui ai présenté d'ici la fin de la semaine, il cessera définitivement sa prestation de soins infirmiers le lundi 17/02/03. Je me retrouverai alors de nouveau en rupture de soins infirmiers et je cesserai alors à nouveau de m'alimenter.
Ayant apprécié la qualité exceptionnelle du personnel soignant venu à mon domicile, je soutiens l'action de l'APIGHREM et condamne fortement le fait que les prestations de soins d'une personne handicapée puisse faire l'objet d'une négociation identique à celle "de marchands de tapis".
J'en appelle à la solidarité nationale et au raisonnement de bon sens.
Claude Chanzy.

Note de LAREMI : le lien vers l'APIGHREM et les caractères "gras" sont de LAREMI. Le lien a été fait afin de faciliter au maximum le travail d'un "politique" (un vrai) qui voudrait bien, enfin, daigner se pencher sur ce "problème" de manière à imaginer le début de l'ombre d'un projet permettant de lui trouver une amorce de solution. (Ouf...).


Mél envoyé par Claude.Mél de Claude du 29/01/2003 (son nmr : 04-67-79-17-76).
(Mis sur le site le 29/01/2003).

...
Recommençant à manger tout doucement, je reprends des forces. J'ai tout de même perdu 8 kg en 3 semaines.
Un syndicat infirmier m'a envoyé une lettre que je juge utile de mettre sur cette page.
...
Merci à tous.
Note de LAREMI : pour des raisons de commodité, nous n'incluons pas ici même la lettre de l'ORGANISATION NATIONALE DES SYNDICATS D'INFIRMIERS LIBERAUX (ONSIL), nous faisons un lien sur leur document que vous trouverez à cette adresse : hedsi_ONSIL_030128.doc.


Mél envoyé par Claude.
Mél de Claude du 24/01/2003.
(Mis sur le site le 26/01/2003).

De: "Claude CHANZY" <chanzy.claude@neuf.fr>
À : LAREMI.
Objet : HEDSI.
Date : Fri, 24 Jan 2003 15:47:49 +0100

Voici, Michel, un texte avec une bonne nouvelle :

A partir de lundi 27/01/03, un centre spécialisé délègue le matin et le soir tous les jours un infirmier et un aide-soignant pour assurer la prise en charge de mes soins infirmiers.
En accord avec Pascal, nous annoncerons officiellement le samedi 25/01/03 à 15h00 sur la Place de la Comédie à Montpellier l'arrêt de notre grève de la faim. Nous rappellerons alors aux médias et au élus présents la nécessité d'une polititque cohérente en matière de prise en charge des personnes handicapées.
Pour ceux qui le souhaitent, vous pouvez tout de même écrire à M. CHIRAC.
...
le combat continue... pour tous les autres !!!
...
Voici le texte de la lettre-pétition.
Note de LAREMI : cliquez dans le tableau ci-dessous pour arriver sur une page ne comportant que la pétition.

LETTRE OUVERTE
AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE.


Monsieur le Président de la République,


Depuis le 6 janvier 2003, M. Claude Chanzy et M. Pascal Doriguzzi ont entamé une grève de la faim pour manifester leur indignation et leur révolte.

M. Claude Chanzy, tétraplégique et diabétique âgé de 43 ans recherche en vain une infirmière depuis 39 mois.

M. Pascal Doriguzzi, atteint d’une ataxie de Friedich, âgé de 45 ans, éditeur régional, est en rupture de soins infirmier depuis plus de trois mois.

Dans un conflit qui oppose depuis plusieurs années la CNAM et la profession libérale infirmière, de nombreuses personnes handicapées se retrouvent prises en otages pour un problème tarifaire.

Des solutions ont été trouvé pour Claude et Pascal. Notre mouvement de grève a été de provoquer une réflexion institutionnelle sur les centaines de cas de personnes handicapées et dépendantes privées de soins infirmiers sur le territoire français. Nous ne saurions que trop insister sur la nécessité d’une politique cohérente en matière de prise en charge des personnes handicapées.

Nous vous rappelons que notre action s’inscrit de plein droit dans l’engagement pris le 14 juillet 2002.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de nos sentiments respectueux.

 

.

Note de LAREMI : à notre connaissance, l'annonce ci-dessous était erronnée.
Question de M. CHRISTIAN JEANJEAN, Député de l'Hérault, au sujet de la grève de la faim de notre ami CLAUDE CHANZY. (Note du Claviste de LAREMI : cette annonce sous réserve : normalement le Parlement est à Versailles pour le 40è anniversaire du Traité de l'Elysée.) Assemblée nationale, PARIS + FRANCE 3.

22/01/2003 à 14h45


Mél envoyé par Claude.
Mél de Claude du 17/01/2003.
(Mis sur le site le 19/01/2003).

17 Jan 2003 21:37:39 +0100
Peux tu passer le communiqué de Midi Libre.
Ca va à peu près.
Merci. Claude.

Edition du 15 Janvier 2003
Deux handicapés en grève de la faim
Deux handicapés originaires de l'Hérault ont entamé depuis plus d'une semaine une grève de la faim pour dénoncer l'impossibilité de trouver une infirmière. Ces deux tétraplégiques sont soutenus par le collectif des démocrates handicapés (CDH), un mouvement politique associatif créé le 9 décembre 2000 à l'assemblée nationale pour défendre les droits des personnes handicapées.
Claude Chanzy, 43 ans, ancien comptable au chômage à Montpellier, se trouve en rupture de soins infirmiers depuis trois
ans. Obligé de recourir ponctuellement à des étudiants pour s'occuper de lui, il a cessé de s'alimenter depuis le 6 janvier.
Par solidarité, Pascal Duroguzzi, 45 ans, éditeur à Lattes, a rejoint dès le lendemain son mouvement de protestation. Installé
depuis trois mois dans cette petite ville de l'agglomération montpelliéraine, il n'a pas non plus trouvé d'infirmière pour l'aider
à se lever ou à faire sa toilette, une tâche dont s'occupe pour l'instant sa collaboratrice. «J'ai téléphoné partout. Aucune infirmière n'accepte de venir à mon domicile pour mes soins. Comment puis-je travailler et vivre dans ces conditions ? C'est comme si on n'existait pas.».

Note de LAREMI : à notre connaissance, il y a eu un petit article dans METRO et un, plus détaillé, dans 20 MINUTES du même jour. Si vous avez un article d'un autre journal, soyez gentils d'en faire parvenir une photocopie soit directement à Claude, soit à LAREMI qui fera suivre.

Appel téléphonique de Claude.
Appel téléphonique de Claude du 12/01/2003 (son nmr : 04-67-79-17-76).
(Mis sur le site le 12/01/2003; note du claviste : et il paraît que 2003 est l' "année européenne des personnes handicapées", si, si... Pour preuve, lisez le début de l'agenda de ce mois de janvier, vous y trouverez les liens adéquats).

...
Merci à tous ceux qui me soutiennent, notamment au
Collectif des Démocrates Handicapés : leur soutien est important. Beaucoup de fax ont déjà été envoyés à la Préfecture de Montpellier. toutes les autorités sont au courant de la situation. J'attends pour lundi ou mardi une réponse. Je suis affaibli, mais le moral est bon.
Merci à tous.


Mél envoyé par Claude.
Mél de Claude du 10/01/2003.
(Mis sur le site le 10/01/2003).

...
En raison d'une absence de soins infirmiers depuis plus de trois ans, j'ai décidé de faire la grève de la faim depuis le 6 janvier 2003 pour obtenir de la part du gouvernement la mise en place d'une prise en charge effective de mon handicap et de mon diabète.
Je demande à chacun d'entre vous de communiquer largement cette information et remercie ceux qui soutiendront ma démarche.
Amicalement.
Claude Chanzy.



Mél envoyé par Claude.
Mél de Claude du 11/11/2002.
(Mis sur le site le 12/11/2002).

Bonjour Michel,

De retour du centre Propara, à Montpellier, où j"ai subi une transposition sous-musculaire du nerf cubital droit. L'opération s'est bien passée.
Voici un texte sur les belles promesses que le gouvernement nous fait en ce moment.

______________________________________


PAROLES..., PAROLES..., PAROLES...

Cet été, une proposition sénatoriale de Mr Blanc, me donne enfin l'impression que le message est passé : nous avons été entendu, et nombre de nos propositions figure dans son programme. Mme Marie-Thérèse Boisseau, notre secrétaire d'Etat, nous promet pour fin 2003 une nouvelle loi qui réformera notre fameux texte de 1975. Alors tout va bien ? Je ne crois pas, car si les promesses sont belles, encore faudrait-il définir les moyens de concrétiser une telle politique du handicap.

Voici ce que nous dit Dominique du Collectif des Démocrates Handicapés :

" Que vaut une proposition de politique pour les personnes handicapées si un réel financement n'est pas assuré parallèlement !

Que ce soit au niveau de l'Assemblée Nationale et du Sénat, les mêmes arguments reviennent et nous préparent inconsciemment à nous faire comprendre que les moyens financiers ne suivront pas ! De ce fait, nous aurons un bel édifice juridique mais sans aucun moyen financier avec, si ce n'est du saupoudrage ! Les députés, les sénateurs et l'ensemble des responsables politiques nous tiennent tous le même discours : Attention nous n'aurons certainement pas les moyens de financer une vraie politique pour les personnes handicapées ! On nous bassine avec la doctrine de l'équilibre budgétaire qui consiste à faire prendre conscience aux Français que des dépenses ne seront pas réalisées (et insidieusement on nous amène à comprendre qu'il ne sera pas possible de débloquer de l'argent pour les personnes handicapées) dans la mesure où le déficit public de la France est trop important et d'autant plus que la France est contrainte par le traité de Maastricht à revenir à l'équilibre budgétaire pour 2004 -2006 interdisant ainsi toutes réelles nouvelles dépenses et par conséquent interdisant probablement toutes dépenses de financement pour les personnes handicapées ou personnes atteintes aussi de maladie rare.

Or que vaut une politique si elle n'est pas suivie des moyens financiers qui vont avec ? ELLE NE VAUT RIEN ! C'est sans doute ce qui se prépare pour la politique d'aide aux personnes handicapées ! C'est de cela qu'il faut être conscient et qu'il convient de rester vigilant par rapport aux effets d'annonces du gouvernement !

Grosso modo et je vous le dis clairement (et j'espère encore me tromper) : on va nous prendre pour des cons !

On informe les personnes handicapées par une dépêche AFP d'une hausse de l'AAH (Allocation Adulte Handicapé) de quelques 5% ! C'est faux ! Il ne s'agit pas d'une hausse de l'AAH par personne mais d'une augmentation du montant global de l'AAH qui est simplement due, d'une part à l'augmentation du nombres de personnes handicapées mais aussi à un système classique d'indexation sur le niveau de l'inflation ! Mais concrètement votre AAH n'augmentera pas même si une politique de communication du gouvernement consiste à faire croire à l'ensemble des français (et d'autant plus s'ils ne sont pas concernés par le handicap) qu'elle a augmenté !

On nous informe de la création de 3.000 places en CAT ! D'accord ! c'est bien ! Mais faut il préciser par exemple que l'UNAPEI estime les besoins à 20.000 places !! Que fait on pour les 17.000 personnes qui restent en attente de places ? Que fait on pour les personnes polyhandicapées et autistes dont TOUT LE MONDE RECONNAIT, responsables politiques compris, qu'il y a là une vraie urgence ! Aucune proposition !!!!!!!!!

Les exemples ne manquent pas ! Les enjeux sont nombreux ! Mais pour ma part, je ne vois aucun signe concret de la part du gouvernement ! Certains me répondront que le Président de la République a décrété que la troisième priorité de son quinquennat était l'aide aux personnes handicapées ! Et comme beaucoup, je répondrai qu'il ne pouvait dire autre chose dans la mesure où 2003 est l'année européenne des personnes handicapées ! Faire un coup d'annonce de cette sorte, c'est devancer un problème qui permette quoi qu'il arrive au Président de la République de se protéger tant la France est le seul pays moyen-âgeux en matière de politique en faveur des personnes handicapées ! Ne pas citer comme troisième priorité l'aide aux personnes handicapées, cela, se serait s'exposer aux regards de l'ensemble des pays européens qui n'auraient pas manqué de souligner les lacunes de notre état Providence !

Nous sommes dans une logique de combat, si ce n'est de guerre, dans le bon sens du terme dans la mesure où nous ne devons lâcher sur absolument RIEN ! Pour ceux qui en auraient encore des doutes, convient-il de dresser un bilan sur l'ensemble des thématiques ? : EMPLOI - SCOLARISATION - TRANSPORT - LOGEMENT - RESSOURCES - ACCUEIL DES PERSONNES AUTISTES ET POLYHANDICAPEES - AUXILIAIRES DE VIES - SOINS INFIRMIERS - UNIVERSITE - MALTRAITANCE - FORMATION PROFESSIONNELLE - CITOYENNETE - etc."


Dominique nous explique maintenant le subterfuge utilisé par nos précédents gouvernements pour ne pas appliquer les lois de 1957 (loi sur l'orientation professionnelle des personnes handicapées), la loi de 1975 (loi sur les fondements de la politique du handicap) et
la loi de 1987 (loi sur l'emploi des personnes handicapées).

"Question: Sais tu, Claude, quel article de loi les gouvernements de l'époque ont exercé pour se justifier de ne pas financer les politiques en faveur des personnes handicapées ? Et ce sera le même que l'on nous ressortira l'année prochaine, et d'autant plus que l'on est en train de nous préparer psychologiquement quant aux orientations budgétaires de notre pays : la fameuse doctrine budgétaire + les conditions imposées par Bruxelles quant à l'équilibre budgétaire de la France pour 2004 ou 2006 :
il s'agit de l'article 41 : Le gouvernement se servira et opposera l'article 41 lors du passage du texte de loi devant l'Assemblée Nationale. Tout article de loi qui crée des dépenses pouvant occasionner des difficultés au gouvernement pour équilibrer son budget se verra bloquer par l'article 41.
Conclusion: Nous aurons un joli texte de loi sans moyens financiers du fait que le gouvernement opposera l'article 41."

Pour ma part, j'aime à citer comme exemple celui de la grande Loi contre l'exclusion de 1998 qui a certes vu la création de la CMU (très bonne chose !), mais 4 ans aprés, toutes les associations d'aide contre la pauvreté font le constat amer de la non-application de cette loi. Les pauvres sont encore plus pauvres. Pourquoi devrait-on croire qu'il en serait autrement avec la nouvelle loi de 2003 pour les personnes handicapées ?

J'ai regardé avec attention le projet de loi de finances 2003, concernant les crédit affectés pour les personnes handicapées
Il est certes incontestable que l'insertion des handicapés dans la société fait partie des priorités définies par le Président de la République et que l'année 2003 a été consacrée année européenne du handicap, mais on ne peut dire pour autant que le budget des personnes handicapés pour 2003 marque une rupture forte avec la politique menée par le passé. Ainsi, les crédits sont en augmentation de 5,6 %, alors qu'ils étaient, à périmètre comparable, en hausse de 5,8 % dans la loi de finances pour 2002.
Dalida chantait : "Paroles... Paroles... Paroles". Nous pouvons tous reprendre ce refrain et dire à Mr Chirac et à Mr Raffarin que nous ne pouvons nous satisfaire de belles paroles.
Je vous invite à leur écrire pour leur dire vos souffrances, notamment en matière de soins infirmiers. Plus nous serons nombreux, plus nous arriverons à exiger une réforme du système libéral de soins infirmiers.

___________________________________

Voila, Michel, mon texte pour ce jour.
Peux-tu me faire une légère correction sur le texte mis sur le site le 05/03/02 sur la SITUATION DES PERSONNES HANDICAPEES AU "PAYS DES DROITS DE L'HOMME" TEMOIGNAGE D'UN JEUNE HOMME DE 24 ANS ATTEINT D'UNE MYOPATHIE DE DUCHENNE.
Dans la partie en MAJUSCULES, 2è paragraphe, suppression à l'avant-dernière ligne de "L'AEROPORT DE BIARRITZ". En effet, cet aéroport est en réalité accessible.
Merci, Michel, pour la fidélité de ton aide.
Amicalement. Claude.

NDLR : la correction réclamée par Claude est faite le 12/11/2002.
NDLR : LAREMI s'est permis d'inclure un lien vers le Collectif des Démocrates Handicapés dans le corps du texte de Claude.


Un internaute réagit.
.
(Mis sur le site le 30/09/2002).

J'ai lu tes "articles" et ai été sidéré, voire franchement écoeuré, de la position du gouvernement et de l'attentisme ambiant des collectivités, de l'irresponsabilisation à tout crin des fonctionnaires, c'est même pas de la République, c'est du déni de la vie de nos concitoyens, en d'autres termes, c'est l'indifférence telle que c'est pire que le goulag où il existe une raison d'Etat et un encadrement, ici et là rien pour les handicapés, le droit de gueuler à volo, et de crever dans sa "merde", c'est absoluement révoltant, j'ai écrit tout ça ce soir, j'ai même pas mangé, tellement c'est "inique".
Il va de soi qu'une personne responsable et valide comme moi, peut considérer par imagination se retrouver dans ton état un jour ou l'autre, on ne sait jamais de quoi demain sera fait, mais s'imaginer être traîté de la sorte c'est quasiment infernal et m'insupporte au possible, dans sa propre dignité qu'on est en droit d'attendre dans un pays occidental "riche". Moi étant une personne valide, j'étais très loin d'imaginer cela bien que je connaisse quelques personnes handicapé(e)s.
En fait pour une personne valide comme moi on a tendance à confondre un peu "la qualité de vie" de l'environnement avec celles des soins dont on a aucune idée puisqu'on y assiste jamais de près ou de loin, et que cela confine dans la réalité des maladies handicapantes et les soins paliatifs adaptés à chacun des problèmes inconfortables qu'ont ne peut imaginer, j'insiste sur ces faits dans leur représentation même si ça donne envie de "gerber" un peu, au moins ça donne à refléchir même pour un valide car la transposition est plus facile à appréhender, et à mon sens, c'est par là, qu'il faudrait informer le public le plus largement, même si c'est franchement rédibitoire, c'est en choquant un peu les personnes de la réalité des faits que tu (vous) arriverez à quelque chose en détaillant bien précisement les aléas du manque de soins non-pro et leurs conséquences de tous les jours, avec moultes détails pas très ragoutants mais qui font vraiment prendre conscience de ces états de "vie" et des risques.
Bref, je suis indigné de ta (votre) situation, j'ai bien envie de faire quelque chose en ce sens, pour parer au plus urgent, pour toi, mon cher ami Claude, et je comprends bien ton caractère "revêche" aujourd'hui après toutes ces années de lutte, de reconnaissance de droit, et toutes ces tuiles qui te sont tombées sur la "tête".
Tu n'en demeures pas moins un être sympathique qui exprime bien sa détresse dans les formes mais, ce qui est bien aussi, ton goût aux autres d'avoir une vie meilleure, même pour des personnes valides, et d'avoir une belle vie aussi faite de joies et de bonne humeur et non de tracas financiers et d'aides et reconnaissances qui ne te parviennent que rarement.
Laurent.


Mél envoyé par Claude
Mél de Claude du 11/09/2002.
(Mis sur le site le 12/09/2002).

Bonjour Michel.

Ma situation n'a toujours pas évolué, je vais fêter le 10 octobre prochain mon 3è anniversaire d'absence de soins infirmiers. Et, de plus en plus, je découvre des situations identiques à la mienne avec quelques fois des réactions épidermiques qui prouvent que trop c'est trop.
Des personnes bien intentionnées (dont des personnes en fauteuil roulant) estiment que la toilette, le lever et le coucher sont des actes de la vie quotidienne qui chez la personne tétraplégique ne nécessite aucunement la présence d'une infirmière ou d'une aide-soignante. A ceux-là en particulier je souhaite répondre.

Mon expérience d'absence de soins infirmiers dont je fêterai le 10/10 le 3e anniversaire me permet d'apporter de l'eau au moulin. Je vais donner quelques exemples de ce que je subis quotidiennement de la non professionnalisation des gens qui me lavent et me lèvent :
- fesses mal essuyés dont vous gardez la trace d'excréments toute la journée provoquant des brûlures insupportables,
- sexe lavé par la gente féminine du bout des gants effleurant votre pénis sans le soulever et sans le décalloter, pose du pénilex (genre de capote relié à une poche urinaire fixé sur la jambe) périlleuse vous blessant pour plusieurs jours car mal posé,
- aisselles mal lavées,
- derrière des oreilles rarement fait source de psoriasys,
- entre-orteils présentant des mycoses car non séchés lors de la toilette, tête lavée avec un rinçage insuffisant provoquant des démangeaisons toute la journée,
- ongles des mains et des pieds crotés et mal coupés,
- manoeuvre de positionnement brutale avec éjection du membre inférieur droit hors du lit et c'est un étirement sur la hanche et une douleur d'une semaine sur une luxation de hanche,
- bain à 42° malgré la présence d'un thermomètre,
- crochet du lève-malade mal positionné ou sangle mal mise et c'est la chute assurée,
- pli du pantalon sous la fesse et l'avenir d'une nouvelle escarre pointe à l'horizon,
- erreur de préparation médicamenteuse et c'est l'accident mortel chez le diabétique que je suis,
- absence de contrôle glycémique et de prise de tension artérielle quotidienne.

Cela je le subis quotidiennement.

La répétition et la surveillance d'actes non professionnels m'agace particulièrement provoquant souvent des gueulantes voire des changements de personnes. Une infirmière peut certes faire des erreurs graves parfois mais sa formation limite celles-ci. Que des personnes handicapés lassées du système hospitalier refusent une compétence para-médicale, c'est leur problème, je l'ai fait moi-même lorsque j'en avais les moyens, mais par respect à ceux qui ne peuvent amputer leur ACTP (Allocation Compensatrice Tierce Personne) de ce coût supplémentaire de soins d'hygiène à domicile, qu'ils se taisent. Certaines personnes tétraplégiques ne mangent pas le midi pour pouvoir tenir financièrement. Ne remettons pas en cause ce droit fondamental de prise en charge des soins d'hygiène à domicile par les médecins et la Sécu au profit des personnes qui en ont réellement besoin et ne semons pas le doute dans l'esprit des gens en faisant croire à certaines personnes que des auxiliaires de vie ou des tierces-personnes peuvent très bien faire ce travail à la place d'un personnel formé pour.
La toilette, le lever et le coucher sont des actes para-médicaux qui requièrent une formation spécifique de la part d'une infirmière ou d'une aide-soignante avec des qualités humaines indispensables : écoute, patience, diplomatie, prévention.

Claude Chanzy.

Ci-joint, Michel, deux extraits de témoignages nous disant leurs difficultés et leur réaction face à ces situations insupportables.

De Christiane.
«Lors d'une hospitalisation on m'a mis la bassine à 9 heures le matin pour commencer la toilette. A midi une aide-soignante est venue et m'a dit "qu'est-ce qu'il reste à laver ?" je lui ai répondu gentiment comme d'habitude, car j'étais abonnée à ce service ayant attrapé une saloperie lors d'une opération. Elle m'a répondu : "aujourd'hui je ne ferai pas la toilette je me mets en grève !!"
Quand au service à domicile, ça me fait vachement rigoler, si on peut dire. Les auxiliaires de vie changent sans arrêt. Pendant ces vacances-ci, je n'ai jamais eu un appartement aussi sale, j'en avais honte. Une amie qui venait dire bonjour, m'a demandé si je voulais qu'elle fasse un peu de ménage !
Ayant confié la clé de mon appartement, la responsable de l'organisme envoyait les auxiliaires de vie sans clé. Quand j'ai râlé elle m'a dit que je n'avais qu'à aller ouvrir la porte. Si je pouvais faire ça, je n'ai plus besoin de personne pour me lever. Alors elle m'a répondu : "vous n'avez qu'à dormir la porte ouverte".
Et je pourrais en faire un journal rien qu'avec ces 15 derniers jours.»

D'Olivier.
«Il ne faut pas en rester là c'est inadmissible un traitement pareil. Etre handicapé ne veut pas dire tout subir et fermer sa gueule. Il faut agir vu que la justice ne fera rien contre des merdes comme ça qui nous bouffe notre ACTP, faisons déjà ce qui est en notre pouvoir, groupons nous et arrêtons de nous faire enculer.
Bon courage à tous.»

...

Claude.



Témoignage proposé par Claude CHANZY
Une autre "vécu", un autre courrier reçu de Claude le 22/05/2002.
(Mis sur le site le 23/05/2002).

In extenso, ci-après ce mél que nous a envoyé Claude.

ESPOIRS

Chers amis,

Serez-vous surpris si je vous dis qu'à ce jour Madame Ségolène Royal ne m'a pas encore répondu ? Elle ne le fera plus pas plus que son successeur le Pr MATTEI qui n'est à ce poste peut-être qu'un petit mois...
Pourtant, l'espoir était là. Des personnes handicapées dans la même situation de rupture de soins que moi ont exigé le 11 mars une réunion ministérielle. Je vous donne lecture pour partie des compte-rendus et textes issues de ces pourparlers.

===O===

COMPTE-RENDU DE LA REUNION DU 11 MARS 2002
au ministère de l'Emploi et de la Solidarité

Pour répondre à l'action de quelques personnes handicapées ; le ministère de l'emploi et de la solidarité a organisé une réunion sur les aides humaines pour les personnes lourdement handicapées à laquelle il a invité différentes associations.
Cette réunion était animée par M. Coquart (le fameux directeur adjoint au cabinet de Mme Ségolène Royal qui a du gardé ma lettre sous le coude) . Elle s'est déroulée dans une ambiance assez houleuse
Après la présentation de certains dysfonctionnements du système d'aide aux personnes lourdement handicapées à travers les exemples de quelques personnes présentes, les revendications se sont centrées sur le maintien à domicile des personnes lourdement handicapées et leur insertion dans la société.
Les représentants du gouvernement ont parfaitement reconnu le principe du droit des personnes handicapées à choisir leur vie, notamment à choisir le maintien au domicile, tout en soulignant que cela ne concernait que quelques personnes (celles qui pouvaient ou voulaient choisir), et que ce principe devait prendre place dans une politique plus générale concernant l'ensemble des personnes handicapées. Néanmoins les principes du choix de vie (maintien à domicile…), du développement de l'autonomie et de la scolarisation en milieu ordinaire des personnes handicapées semblent définitivement retenus.
Outre quelques informations sur les réformes en cours, le gouvernement, reconnaissant agir dans l'urgence, nous a présenté un programme d'actions pour les aides humaines destinées aux personnes en situation de grande dépendance vivant à leur domicile. Le résumé de ce programme fourni par le ministère est joint à la présente lettre.
Vous observerez cependant que ce programme n'est prévu qu'à titre expérimental. A ces mesures, il convient d'ajouter certaines possibilités qui ont été annoncées verbalement, comme la possibilité d'externaliser des places d'établissements de soins pour les personnes lourdement handicapées souhaitant demeurer chez elles. Il est en principe prévu que cette expérimentation soit suivie et validée en partenariat avec les personnes handicapées.
L'ampleur de cette expérimentation, qui doit être mise en place par voie de circulaires seulement, nous est encore inconnue, de même que les critères retenus pour pouvoir en bénéficier, puisqu'ils sont encore à déterminer (à l'ordre du jour d'une première (?) réunion du 14 mars).

===O===

La ministre de l'emploi et de la solidarité
La ministre déléguée à la famille, à l'enfance et aux personnes handicapées

REUNION DU 11 MARS 2002

Elisabeth Guigou, ministre de l'emploi et de la solidarité, et Ségolène Royal, Ministre déléguée à la famille, à l'enfance et aux personnes handicapées, ont présenté aujourd'hui aux associations et personnes concernées un programme d'actions pour les aides humaines destinées aux personnes en situation de grande dépendance vivant à leur domicile.
Ce programme d'actions vise à mobiliser toutes les partenaires participant à la mise en oeuvre de ces aides :
1) en ce qui concerne l'Etat
- Au-delà de l'effort prévu dans le plan triennal, et pour répondre aux besoins des personnes en situation de grande dépendance et vivant à domicile, les ministres ont décidé d'augmenter, dans le cadre de cette expérimentation, l'aide de l'Etat. Cette aide, actuellement de 9.600 euros, pourra être portée à 28.800 euros par bénéficiaire, en fonction des besoins de la personne et permettant ainsi d'assurer une meilleure continuité de la présence d'une tierce-personne au domicile.
- les services de soins infirmiers à domicile actuellement réservés sauf dérogation aux personnes âgées de plus de soixante ans seront ouverts aux personnes handicapées par décret ;
2) en ce qui concerne les départements
- un bilan des actions conduites dans les départements qui versent un montant d'allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP) au-delà des obligations réglementaires va être effectué afin d'en examiner les conditions de généralisation.
3) en ce qui concerne la sécurité sociale :
- des conventions expérimentales au titre de la permanence des soins vont être examinées avec l'assurance-maladie ainsi que l'expérimentation d'une prise en charge ambulatoire s'appuyant sur les établissements d'hébergement des personnes handicapées (en particulier foyers à double tarification).
Ce programme expérimental d'actions, visant à apporter rapidement une réponse adaptée aux besoins des personnes en situation de grande dépendance vivant à leur domicile, sera suivi et évalué par un groupe de travail réunissant tous les acteurs concernés. Les résultats de cette observation alimenteront le projet de loi révisant la loi d'orientation du 30 juin 1975 en faveur des personnes handicapées.
Actuellement, ces prises en charge sont assurées par l'assurance maladie pour ce qui concerne les soins, l'Etat et les départements pour ce qui est de l'aide à la vie quotidienne.
Dans le cadre des orientations définies par le Premier ministre le 25 janvier 2000, et dans le prolongement des travaux sur les sites départementaux pour la vie autonome (en particulier la table ronde du 17 janvier 2002), le gouvernement souhaite développer l'accès aux aides humaines, élément déterminant du libre choix du mode de vie choisi par ces personnes.

===O===

COMPTE-RENDU DE LA REUNION DU 14 MARS 2002
au ministère de l'Emploi et de la Solidarité

Vous noterez l'absence des personnes handicapées présentes à titre individuel le 11 mars de cette réunion. Leur participation, ou du moins celle de certaines d'entre-elles est cependant prévue pour les réunions suivantes. La possibilité de visioconférence a été évoquée pour leur éviter d'avoir à se déplacer.

SITUATION DES PERSONNES RECUES LE 11/03 :
Leurs situations individuelles sont en passe d'être réglées. La DGAS a pris contact avec les DDASS afin de régler leurs problèmes au niveau local au cas par cas (intervention auprès des différents organismes et institutions).
Afin d'éviter l'augmentation anarchique de ces demandes, le ministère avait décidé (dès le 11 mars) de mettre en place une expérimentation concernant le maintien à domicile des personnes lourdement handicapées. Cette expérimentation comprend le triplement des aides, annoncée semble-t-il de façon générale et à tort par certains journaux régionaux (le Dauphiné libéré ???). Avant toute chose il convient de rappeler le caractère expérimental de cette opération, comme précisé dans le compte-rendu de la première réunion. Ensuite cette expérience est limitée aux seules personnes handicapées fortement dépendantes souhaitant demeurer à leur domicile.
La définition des critères de choix des personnes devant participer à cette expérimentation était l'objet de la présente séance.

DEROULEMENT DE LA SEANCE
Après la réaffirmation de l'urgence du règlement de cette situation, M. Coquart a répondu à quelques questions portant sur le budget nécessaire à cette expérimentation et sur les modalités légales de sa mise en œuvre. Les fonds seront ceux du Ministère (il ne s'agit donc pas de récupérer le financement de cette expérimentation en limitant un autre budget). Cette expérimentation sera mise en place par voie de circulaires (seulement) car il est impossible de prendre un décret pour diverses raisons techniques et juridiques, ainsi que pour des raisons de temps. Mais le ministère a insisté sur l'existence d'une réelle volonté politique à ce sujet, volonté qui ne devrait pas se limiter à un seul parti en cas de changement de majorité.
Sur la question commune du nombre de personnes qui pourront bénéficier de cette expérimentation, le ministère a répondu qu'en raison du financement il ne serait pas raisonnable de penser atteindre plus de 150 personnes, 200 au maximum en 2002. L'expérimentation se fera cependant au niveau national. Il n'est donc pas question de limiter la recherche des futurs bénéficiaires à quelques département limitativement énumérés. Il convient cependant de préciser que cette expérimentation, pour se dérouler dans les meilleures conditions possibles, se déroulera surtout dans les départements ou les institutions locales se sont déjà fortement impliquées dans le domaine du maintien à domicile des personnes fortement dépendantes.
L'UNAPEI a souhaité savoir si les personnes handicapées mentales n'ayant pas de domicile propre (domicile familial…) pourraient bénéficier de cette expérimentation. Il lui a été répondu que cette question n'avait pas encore été abordée et qu'il faudrait la définir, mais qu'il vaudrait mieux essayer de traiter de leur situation d'une manière différente.
Les représentants du ministère ont alors présenté les deux formules (complémentaires) qui s'ouvraient à l'expérimentation.
- La première option est le choix d'une prise en charge ambulatoire (externalisation de places à double tarification)
- La seconde option vise à augmenter le nombre d'heures des auxiliaires de vie.
La première option semble surtout réservée aux personnes nécessitant des soins constants et lourds. L'externalisation semble avoir la faveur de la DGAS. L'APF ayant demandé s'il serait possible à des associations de répondre à un appel d'offre d'externalisation, il a été répondu que cela serait possible, mais de manière ponctuelle et sur quelques sites uniquement.
Pour la seconde option, il conviendrait d'augmenter le nombre d'heures des auxiliaires de vie par des crédits d'Etat. Mais pour que la personne handicapée ne voie pas sa propre part dans le paiement des auxiliaires de vie augmenter de façon trop importante, cette mesure devra être couplée avec un cofinancement ou un effort exceptionnel des conseils généraux sur l'ACTP (déplafonnement).
L'AFM a évoqué la difficulté d'obtenir des soins médicaux d'infirmières à domicile quelles que soient les raisons invoquées (manque d'infirmières et/ou prise en charge insuffisante). M. Coquart a répondu que sur ce point il convenait d'attendre les 2 décrets sur les SIAD.
A la question du GIHP sur les différentes modalités d'emploi des auxiliaires de vie par les personnes handicapées, les représentants du ministère, sans exclure le gré à gré, n'ont pas caché qu'ils préféraient les procédures prestataires et mandataires, le gré à gré nécessitant la mise en place d'une procédure de contrôle (similaire à celui exercé sur les associations) très lourde. Quant à la DGAS, elle a déclaré préférer la gestion associative, qui présente selon elle plus de garantie pour l'administration, la personne handicapée (problème d'arrêt maladie de l'auxiliaire de vie…) et l'auxiliaire de vie (risque de non respect du droit du travail, devenir de l'auxiliaire en cas d'hospitalisation de la personne handicapée…).
L'importance du choix, et surtout les relations particulières et la confiance réciproque devant exister entre la personne handicapée et son (ses) auxiliaire(s) de vie ont été évoqué par le GIHP et l'APF. Cela doit être pris en compte et rejoint d'ailleurs un point sur lequel tous les participants étaient d'accord : celui du choix de la personne handicapée de son mode de vie.
Un accord unanime a également été trouvé sur la nécessité de partir des besoins de la personne handicapée. Sur ce point l'AFM a réaffirmé la nécessité de partir de ces besoins et d'élaborer un plan d'aide (en partenariat avec la personne handicapée comme toutes les associations présentes l'ont demandé) et a donné l'exemple du site vie autonome du département du Calvados où un partenariat efficace avait lieu entre la CPAM, le conseil général, les autres institutions et les associations en faveur de l'autonomie des personnes lourdement handicapées. La DGAS a souligné la pertinence de cet exemple et l'importance d'un tel partenariat entre toutes les institutions et associations concernées.
Les représentants du ministère quant à eux ont souligné l'intérêt qu'ils avaient pour les Unités de Logements Groupés mis en place par le GIHP.


BILAN
Il a donc été décidé de recourir aux associations pour repérer les sites permettant de mener à bien cette expérimentation et les personnes pouvant en bénéficier. Deux conditions sont donc nécessaires : l'existence d'un cadre permettant la vie autonome de la personne handicapée et l'existence de personnes lourdement handicapées sur ce site ou pouvant bénéficier de mesures similaires.
Les représentants du ministère ont donc demandé aux associations de leur faire parvenir des fiches (2 pages maximum) présentant leurs différents sites et les personnes susceptibles de bénéficier de cette expérimentation.
D'autres personnes à forte dépendance pourraient aussi bénéficier de cette expérimentation à titre individuel, ou recevoir une aide spéciale si leur situation le justifie. Elles doivent pour cela se rapprocher de leur DDASS, à qui le ministère a transmis des instructions. Nous rappelons cependant le caractère exceptionnel, et par conséquent discrétionnaire de cette possibilité (il ne s'agit pas de droits acquis, mais de mesures exceptionnelles et individuelles).

AUTRES POINTS ABORDES LORS DE LA REUNION
A côté de cette expérimentation, d'autres questions ont été abordées.
- Le relèvement de l'ACTP
Cette expérimentation, qui pour l'instant ne dépend pas du gouvernement est impossible à mettre en œuvre actuellement car elle nécessiterait des modifications réglementaires et surtout législatives, ce qui est impossible en cette période de vacances du Parlement. Ce projet est cependant à l'étude, et suivrait le principe d'une convergence avec les aides versées aux personnes âgées. Les représentants du ministère ont insisté sur ce terme de convergence, qui ne signifie pas unification du système. Un texte serait prévu à terme.
Le déplafonnement de l'ACTP dépend donc toujours uniquement du bon vouloir des conseils généraux. A ce sujet les représentants du ministère ont demandé à l'APF l'origine de leur liste de 19 conseils généraux ayant déplafonné l'ACTP (présentée lors de la réunion du lundi 11 mars), et surtout si cette liste était exhaustive. Les représentants de l'APF ont répondu que cette liste n'était pas exhaustive et avait été établie après enquête auprès de leurs délégations. Toutes leurs délégations et tous les conseils généraux n'ayant pas répondu à ce questionnaire, il peut se trouver d'autres conseils généraux qui suivent cette pratique. Mais il semble que beaucoup d'entre-eux souhaitent demeurer discrets sur ce déplafonnement, qu'ils appliquent dans un nombre variable de cas (parfois très peu) afin de répondre à des situations très particulières nécessitant une réponse exceptionnelle. Les conseils généraux semblent donc plutôt contre un déplafonnement systématique, mais certains d'entre eux prennent déjà en compte la situation des personnes lourdement handicapées fortement dépendantes, qui étaient l'objet de cette réunion. Un effort de leur part dans cette expérimentation est donc probable (mais non automatique).
- La mise en place d'une seconde table ronde sur la vie autonome est prévue.
- Le décret sur les Soins Infirmiers à Domicile :
En réalité il convient de parler des décrets. Un décret détaillé est en attente de passer devant le Conseil d'Etat. La longueur de cette procédure a nécessité la rédaction d'un décret simple devant être signé très prochainement (une date antérieure au 31 mars avait été évoquée lors de la séance du 11 mars) qui devrait encadrer cette situation jusqu'à la publication du décret en Conseil d'Etat qui le remplacerait (leurs contenus sont similaire, le décret en conseil d'Etat étant simplement plus complet).
- L'augmentation du forfait moyen est à l'étude. Son montant devrait égaler celui concernant les personnes âgées.

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Tout cela nous a mis du baume au cœur, et nous avons cru pouvoir obtenir ce que depuis des décennies des associations de personnes handicapées n'on su exiger d'une société qui est à l'origine de la déclaration des droits de l'homme. Une amie, Mireille STICKELL, IMC en fauteuil, est à la tête d'un groupe d'une vingtaine de personnes (je viens de rejoindre ce groupe) qui sont prêt à aller très loin pour que la situation des personnes handicapées en France évolue rapidement. Elle nous dit ceci :

"Je fais partie des gens qui ont été reçus, un peu sous la contrainte, par les représentants de nos ministères de tutelle le 11 Mars dernier. (…) Devant la tournure qu'ont pris les événements (…), nous avons décidé, à quelques uns, d'envoyer cette lettre à Jacques Chirac, avec un mot d'accompagnement, en lui demandant de nous recevoir Vendredi prochain. "

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La lettre à Jacques Chirac :

Handicapés dépendants pour tous les actes de la vie courante, nous demandons avec détermination depuis longtemps l'obtention de moyens pour vivre dignement, comme dans les autres pays occidentaux.

Il y a deux mois nous avons obtenu de nos Ministères de tutelle la promesse d'une expérimentation permettant , sur un nombre certes trop limité mais néanmoins significatif de gens concernés, de définir les modalités précises à mettre en œuvre avant la généralisation au niveau législatif.

La mise en place de ce dispositif tardant par rapport aux dates avancées initialement nous avons décidé il y a trois jours d'envoyer la lettre ouverte collective jointe aux Ministères concernés.

Cette lettre promet des grèves et des actions de tous ordres si nous n'étions pas entendu dans de brefs délais ( la vie de certains d'entre nous est en jeu dans les semaines qui viennent car ils n'ont plus les moyens financiers de payer leurs aides humaines).

Les signataires de cette lettre m'ont demandé hier soir de vous l'adresser en demandant de prendre clairement position vis-à-vis de cette situation.

Nous vous demandons aussi de nous recevoir le Vendredi 26 Avril à 14h00, lorsque ceux d'entre nous qui auront pu se déplacer, se présenteront devant le Palais de l'élysée.

Cette rencontre revêt la plus grande importance pour nous qui n'avons presque plus que la vie à perdre.

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M. Chirac a délégué un de ses conseillers et nous assuré qu'il allait tout faire pour débloquer la situation.

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La lettre pétition ouverte collective jointe aux ministères concernés :

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À l'intention
du Ministère de l'Emploi et de la Solidarité
et
Lettre Ouverte Collective du Ministère délégué à la Famille
et aux personnes handicapées
10-16 rue Brancion
75015 Paris

Le 19 Avril 2002

Nous, personnes handicapées en situation de grande dépendance ou membres de l'entourage subissant directement les conséquences de cette dépendance, demandons avec vigueur et détermination la mise en place rapide du dispositif expérimental promis par vos ministères le 11 mars dernier.

Nous exigeons des garanties écrites immédiates concernant les conditions de son application et les délais de son entrée effective en vigueur.

Nous déclarons solennellement que nous nous donnerons tous les moyens pour obtenir cette mise en œuvre puis la généralisation de ce dispositif.

Nous n'excluons pas, si nous n'étions pas entendus dans notre aspiration à vivre dignement, d'entamer des grèves de la satisfaction de nos besoins vitaux.

Nous sommes déterminés à contribuer au bon déroulement de cette expérimentation afin d'aboutir à la généralisation par la loi d'une compensation correcte de tout handicap.

Nous restons à votre disposition.


Si vous voulez soutenir cette pétition, vous pouvez la recopier, et la transmettre à Mireille :
Mireille STICKELL
Oméga Bt D, Appt 3301
100 rue des Pradiers
34000 MONTPELLIER
Tél. : 04.67.20.04.90 Fax : 04.67.20.26.90

===O===

Témoignage de Jean-Christophe Parisot, Président du Collectif des Démocrates Handicapés (CDH) :
> Je t'aime Claude! Moi aussi j'ai envoyé 150 lettres aux infirmières pour 4 réponses négatives ! Si demain tu n'as plus de nouvelles de moi sur le net, c'est que personne ne sera venu me lever. Je serai au lit dans l'urine toute une journée mais j'aurai la joie de me dire : oui,mais j'ai TOUT essayé quand je le pouvais! J'ai ma dignité de citoyen et je combattrai
jusqu'au bout pour nous tous. Le lendemain du 2e tour, je serai moi aussi toujours immobile sur mon fauteuil...et notre mission est de faire changer les choses rapidement. Il y a urgence car des personnes souffrent.

> > JC


Informations de dernière minute : "Les élections législatives se dérouleront avec les citoyens handicapés !".

Après les municipales et cantonales de 2001 où 25 candidats CDH se sont présentés puis l'élection présidentielle de 2002 où notre mouvement a pu se faire connaître auprès de plusieurs millions de Français en soutenant Jean-Christophe Parisot dans la course à
l'Elysée, les élections législatives ne se dérouleront pas sans les citoyens handicapés. Le bureau national du CDH a en effet décidé de soutenir la candidature du Porte-Parole du mouvement Philippe van den Herreweghe. C'est dans la 12e circonscription de Paris (dont le
député sortant est M.Balladur) que le CDH sera présent le 9 juin prochain. Cécile Kerbel, secrétaire nationale adjointe, sera sa suppléante. Philippe vit le handicap depuis trente ans. Cécile est la maman de Clément, enfant handicapé. Les militants du Collectif des Démocrates Handicapés et Philippe Van Den Herreweghe entendent rappeler une nouvelle fois que la place des enfants et adultes handicapés et de leur famille est incontournable dans le débat politique. Le respect des différences est le fondement de notre société. Aussi, les militants et les sympathisants du Collectif des Démocrates Handicapés se mobilisent déjà pour que la voix de Philippe Van Den Herreweghe soit le plus largement entendue.
Vous aussi, vous pouvez nous rejoindre avec nos militants qui soutiennent votre candidat en contactant le comité de soutien de Philippe Van Den Herreweghe".

BRAVO PHILIPPE !!!!!!!

Je crois rêver... I have a dream... ALORS....
SOLIDARITE... MAINTENANT !!!
Claude.


Témoignage proposé par Claude CHANZY
Une première réaction reçue par Claude le 03/03/2002.
L'intéressé souhaite conserver l'anonymat : à la demande de Claude, nous l'ajoutons donc ici.
(Mis sur le site le 05/03/2002).

In extenso, ci-après le mél que nous a retransmis Claude.

SITUATION DES PERSONNES HANDICAPEES AU "PAYS DES DROITS DE L'HOMME" ­ TEMOIGNAGE D'UN JEUNE HOMME DE 24 ANS ATTEINT D'UNE MYOPATHIE DE DUCHENNE.

Si j'écris ici, c'est pour témoigner du sort qui est réservé aux personnes handicapées en France ; il y a eu quelques progrès, mais les pouvoirs publics ne font pas assez d'efforts dans notre direction. Je m'appelle A... et je suis né en Ile-de-France en 1977. On a découvert ma maladie en 1984. Je marchais déjà très difficilement (plus petit déjà, je tombais "sans raison" et j'avais du mal à monter les escaliers) et j'ai perdu complètement la marche en 1986. Ma scolarité s'est assez bien déroulée (en termes de notes du moins), toujours en milieu ordinaire; je suis presque un privilégié, car c'est encore loin d'être le cas de toutes les personnes handicapées. Ceci dit, dès cette époque, mes parents ont eu un lourd fardeau à porter, tant pour ma vie quotidienne que pour ma scolarité. Ma mère, qui avait arrêté de travailler en 1974 lorsqu'elle attendait ma soeur (mon frère est né l'année suivante), n'a jamais pu reprendre d'activité professionnelle. Quand j'ai commencé à marcher trop difficilement, elle a dû m'emmener à l'école (distante d'un kilomètre au maximum) tous les jours en voiture. Elle me portait sur son dos pour descendre les quatre étages de notre immeuble, me chargeait dans la voiture, puis m'emmenait dans ma classe au second étage, toujours me portant sur son dos. Un jour, elle est tombée à la renverse, mais par chance nous en sommes sortis sains et saufs. Je ne quittais presque pas la salle de classe de la journée, sauf aux récréations, où je me traînais tant bien que mal, en m'appuyant aux murs, jusqu'aux toilettes du fond du couloir. Puis je regagnais la classe où je passais le reste de la récréation à lire. Le soir, ma mère me descendait et me ramenait chez nous. Ensuite, à partir du CM1, ma classe étant désormais au rez-de chaussée, ma mère n'eut plus qu'à me porter sur 5 ou 6 marches. Mais il fallait tout de même me monter au deuxième étage deux ou trois fois par semaine, pour la kinésithérapie et l'informatique. Nous avons fait la demande de remboursement d'un fauteuil roulant électrique pliant à la sécurité sociale en fin de CM1 ou début de CM2, et avons dû attendre plusieurs mois avant d'obtenir un accord. Enfin le fauteuil est arrivé ; sur notre demande, la mairie a fait installer une rampe, et j'ai enfin pu me rendre en classe dans de meilleures conditions, mais toujours emmené par ma mère. Nous avons encore habité quelques mois au quatrième sans ascenseur, puis nous avons déménagé dans un appartement neuf en centre ville, au premier étage avec ascenseur
Vint le temps de l'entrée en sixième ; le collège proche de chez nous n'étant pas accessible (il serait rénové et rendu accessible un ou deux ans plus tard), j'ai dû aller au collège dans une commune proche, à 5 ou 6 kilomètres. J'étais transporté par une compagnie d'ambulances privées (puisque les transports en communs sont neuf fois sur dix inacessibles aux personnes handicapées dans notre beau pays), dans des conditions de sécurité pour le moins douteuses. Mon fauteuil n'était pas fixé au sol, mais coincé tant bien que mal entre le brancard et les sièges avant ; parfois, il manquait basculer et l'un des ambulanciers avait juste le temps de le retenir. Au collège, une jeune femme sous contrat TUC venait m'aider lors de mes passages aux toilettes. En sixième, tout s'est bien passé, c'était une jeune femme très sérieuse et sympathique. En cinquième, je suis tombé sur une jeune femme pas du tout sérieuse; elle ne venait presque jamais, ne prévenait pas des ses absences, je devais appeler ma mère au pied levé pour qu'elle vienne m'aider. Par la suite, une de ses amies qui travaillait à la mairie de cette ville est venue souvent au collège pour que ma mère goûte enfin un peu de répit (relatif, car mon père était dépressif depuis longtemps, et elle se faisait un sang d'encre à chaque fois qu'il revenait en retard de son travail). Ensuite, en quatrième et troisième, nous avons fait appel à des auxiliaires de vie, à nos frais. En troisième, mon handicap évoluant, j'ai eu un fauteuil roulant électrique non pliant, très encombrant ; il ne rentrait plus dans l'ambulance, aussi avons-nous fait appel à la Croix-Rouge (ou peut-être était-ce une société privée du même nom), puis, devant des retards quotidiens, à une société de taxis aux tarifs assez élevés. Ce transport, comme les ambulances, était payé par le département, mais que d'argent public serait économisé si les transports en commun étaient accessibles aux personnes handicapées !
Vint le temps de l'entrée en seconde. Deux établissements relativement proches (à une huitaine ou une quinzaine de kilomètres de chez moi) s'offraient à mon choix, l'un à Paris, l'autre à Créteil. J'ai opté pour Créteil (le plus lointain, en distance mais sans doute pas en temps). J'étais toujours transporté par la même compagnie. Grâce à la présence de l'infirmière scolaire, j'ai bénéficié de l'aide nécessaire pour les repas et les passages aux toilettes (le mercredi, ces derniers étaient assurés par une "femme de service").
La première année de fac, tout s'est relativement bien passé. Bien sûr les infirmières du campus m'ont dit qu'elles ne pourraient pas m'aider pour les passages aux toilettes, sauf en cas de problèmes ponctuels, car elles n'étaient pas toujours disponibles, pouvaient être appelées à l'autre bout du campus, etc. J'ai donc de nouveau fait appel à des auxiliaires de vie. L'été suivant, j'ai été trachéotomisé, et ma situation s'est singulièrement compliquée. Lors de mon hospitalisation, je n'avais pas été prévenu que je risquais désormais d'avoir assez fréquemment les voies respiratoires encombrées par du mucus. A la rentrée universitaire, j'ai repris les auxiliaires de vie. Par manque de moyens (peu de postes et pas le droit de travailler plus de 6 heures de suite), elles me retrouvaient à la sortie de mon premier cours et me quittaient avant mon dernier cours. Au bout de quelques jours, le temps se détériorant et les températures diminuant, je me suis mis à être beaucoup encombré ; parfois, j'arrivais à la fac déjà encombré, ayant un urgent besoin d'une aspiration pour libérer mes bronches. Il ne me restait plus qu'à traverser le campus pour rejoindre l'infirmerie avant mon cours, en espérant que les infirmières soient là et qu'elles ne me fassent pas trop attendre. Par chance, elles ont toujours été là les jours où cela s'est produit, sinon je serais peut-être mort (je ne sais pas, je ne suis pas médecin). Quand j'étais ainsi aspiré en urgence, je ressortais avec de la tachychardie et de forts maux de tête, fatigué, et, à cause de l'urgence, mes bronches avaient secrété tant de mucus qu'il fallait souvent recommencer une demi-heure après, donc quitter mon cours et retraverser le campus. Un jour, j'étais très encombré, mais, le cours touchait à sa fin, j'ai donc choisi d'attendre en essayant de respirer selon une technique que mon kinésithérapeuthe m'avait enseignée. Ca m'a permis de tenir un peu, mais à un moment , mon coeur a sauté deux ou trois battements, et je me suis senti très mal. Heureusement, j'ai réussi à me calmer et j'ai repris ma respiration. Le professeur a prolongé son cours de cinq minutes, enfin il a nous a libérés et l'auxilaire de vie est arrivée, il était temps.
Toujours à cause du manque de moyens du service d'auxiliaires de vie, ma mère m'accompagnait tout de même un ou deux jours par semaine ; ces jours-là, j'étais plus en sécurité, car elle restait toute la journée.
Il faut que je signale ici que les auxilaires de vie et leur chef de service étaient très courageuses : elles pratiquaient sur moi des aspirations en toute illégalité, car à cette époque, seules les infirmières avaient l'autorisation d'en pratiquer. C'est en partie pour cela que je ne révèle pas mon nom, ni celui de ce service, pas plus que celui de ma fac.
Heureusement, l'année universitaire est courte, et l'emploi du temps peu chargé dans la plupart des sections (j'étais pour ma part en Lettres modernes) ; il y a peut-être eu une vingtaine d'épisodes d'aspiration en urgence, puis le printemps est arrivé et mon encombrement a diminué. J'ai obtenu mon Deug. Je suis retourné à la fac à la rentrée suivante, peu motivé, mais pas tellement à cause de mes difficultés ni des cours en eux-mêmes (même si le latin et la linguistique étaient douloureux pour moi, arides, contrairement aux autres cours qui, eux, étaient passionnants), mais parce que j'avais des problèmes personnels. J'avais depuis un an une petite amie valide, et au cours de l'été, notre jeune couple a commencé à traverser des orages. J'ai traversé l'année en "séchant" les trois quarts des cours, sans gros problèmes d'encombrement, même hors des heures d'intervention des auxiliaires de vie : comme je "séchais", j'avais tout loisir de rejoindre l'infirmerie au premier signe d'alerte.
L'été suivant, la rupture avec ma petite amie est arrivée. J'étais très déprimé, j'ai complètement arrêté la fac. Ce fut le début de quelques saisons en enfer. La première année, j'étais encore inscrit à la fac mais je n'y allais pas. Je m'étais inscrit pour continuer à bénéficier de la sécurité sociale étudiante et pouvoir continuer une psychothérapie (commencée à l'âge de 7 ans). J'ai commencé à participer à un atelier de théâtre dans ma ville, par goût, et parce que le bâtiment où avaient lieu les ateliers était accessible. Cela m'a beaucoup apporté, mais j'y étais entouré d'hommes et de femmes âgés de 38 à 50 ans environ. Ils avaient lieu un week-end par mois ; je voyais aussi beaucoup mes amis valides, j'écrivais des nouvelles, je lisais, je faisais pas mal de choses ; pourtant je m'ennuyais assez souvent, je me sentais seul, j'étais dans la plus grande misère affective et sexuelle. J'ai passé des petites annonces, sans succès. Et malheureusement, les maisons closes n'existent plus depuis 1946 (les prostituées y étaient pourtant, à mon avis, mieux protégées contre les MST et les abus des souteneurs). Quant à la prostitution illégale, pas facile d'y recourir à cause des problèmes d'accessibilité et de transport.
Les jeunes dans mes âges font des études, recherchent du travail ou en ont. Ceux qui ne font rien de tout cela peuvent encore sortir en bandes, aller en boîte le soir. En semaine et en journée, il n'y a presque rien pour les jeunes dans ce pays, surtout pour les personnes handicapées ; rien que l'ennui (devant la télévision pour beaucoup), le désespoir, et tous les pièges psychologiques qu'ils entraînent. Comment sortir le soir quand on vit chez ses deux parents vieillissants et fatigués et qu'il n'y a pas d'auxiliaires de vie pour vous coucher après 18 heures ?
Aussi ai-je repris des études en septembre 2000, en Licence de Sciences de l'Education cette fois, et accompagné en permanence, par les auxiliaires de vie (qui m'aspiraient légalement désormais) environ un tiers du temps et par mes parents le reste du temps. Plus de gros problèmes d'encombrement donc, d'autant plus que m'étant aperçu (toujours par moi-même, l'hôpital étant toujours aussi avare de conseils) des bienfaits d'une ventilation assistée quasi-permanente, j'ai emmené mon respirateur avec moi en cours ; ainsi, même très encombré, je respire correctement. J'avais décidé en accord avec mes parents de faire ma Licence en deux ans pour que ce ne soit pas trop lourd. En février 2001, ma mère a appris qu'elle avait un cancer et mon père a repris le chemin de la dépression. Ma mère s'est fait opérer en mars. Mon père étant de plus en plus fatigué et déprimé, ma mère l'a remplacé à la fac au lieu de se reposer. Le 1er août, mon père s'est suicidé.
Mes études sont de nouveau interrompues, contre mon gré. Les six premiers mois de l'année scolaire ont été difficiles ; le 7 mars 2002, je vais vivre dans un foyer. Pourrai-je reprendre mes études l'an prochain ? Il me faudrait une dérogation si je ne veux pas tout recommencer, car mes modules ne me sont acquis que pour un an. Mais je ne sais pas. Je suis fatigué de toutes ces difficultés. Ce que je voudrais, maintenant, c'est travailler (mais en milieu ordinaire : je ne veux pas me retrouver dans un ghetto), même s'il fallait être payé au lance-pierre et faire un métier rébarbatif. Mais le puis-je ? Il paraît qu'on ne peut pas travailler lorsqu'on est en foyer. Il paraît que je ne peux pas "travailler dans des conditions normales de rentabilité". Comme s'il n'y avait pas de métiers intellectuels, et d'autres où tout se fait par ordinateur.
Quel gâchis ! Voici ce que la démission des pouvoirs publics a fait de moi ; la société se moque de mes capacités, moi qui ai toujours été un élève relativement brillant (pour exemple au bac, j'ai eu mention bien, avec 15 en français, espagnol et histoire-géographie, 16 en anglais et mathématiques, 13 en philosophie, 11 en allemand etc.) Si je ne peux pas travailler, je ferai probablement de l'associatif, mais cela ne remplacera jamais une insertion sociale pleine et entière.
Quand on est handicapé et que par miracle on arrive à l'université, mieux vaut s'accrocher ; on n'a pas le droit aux accidents de parcours. J'ai voulu reprendre mes études après une grande crise de trois ans, mais la mort de mon père est venue tout arrêter de nouveau, et peut-être définitivement.

QUEL AVENIR POUR LES PERSONNES HANDICAPEES EN FRANCE ? NOS REVENDICATIONS.

NOUS EXIGEONS QUE LES TRANSPORTS EN COMMUN ET LES BATIMENTS NEUFS SOIENT ACCESSIBLES, CONFORMEMENT A LA LOI DE 1975. LE SCANDALE DU METRO EOLE (CE METRO PARISIEN FLAMBANT NEUF DONT SEULES 2 OU 3 STATIONS SONT ACCESSIBLES) NE DOIT PLUS SE REPRODUIRE. LES BATIMENTS NEUFS DOIVENT ETRE AUX NORMES, CONTRAIREMENT A CE QUI S'EST PASSE AVEC LA BIBLIOTHEQUE FRANCOIS MITTERRAND.
NOUS VOULONS ACCEDER MAINTENANT, PAS DANS DIX ANS.

NOUS DEMANDONS DE NOUVELLES LOIS SUR LA MISE EN ACCESSIBILITE DES BATIMENTS ANCIENS, COMME L'A DIT MARIE-SOPHIE DESSAULLE, PRESIDENTE DE L'ASSOCIATION DES PARALYSES DE FRANCE EN FEVRIER 2002 SUR L'ANTENNE DE FRANCE INTER.

NOUS DEMANDONS UNE REELLE COMPENSATION DU HANDICAP GRACE A UN DEPLAFONNEMENT DE L'ACTP (Allocation Compensatrice Tierce Personne). LES AIDES HUMAINES DOIVENT ETRE FONCTION DU TYPE DE HANDICAP. LES PERSONNES LES PLUS LOURDEMENT HANDICAPEES QUI ONT BESOIN D'UNE PRESENCE QUASI-PERMANENTE MAIS SOUHAITENT RESTER A DOMICILE DOIVENT POUVOIR LE FAIRE, SANS QUE LEURS FAMILLES SOIENT SACRIFIEES A CE DESIR LEGITIME.

ET QU'ON NE NOUS DISE PAS QUE TOUT CECI COUTE CHER, ALORS QUE DES CENTAINES DE MILLIONS D'EUROS SONT GASPILLES CHAQUE ANNEE A CAUSE DES POLITIQUES ABSURDES ET UBUESQUES DE LA SECURITE SOCIALE. DES EXEMPLES ? LA SECURITE SOCIALE NE REMBOURSE LES LEVE-PERSONNES ET LES LITS MEDICALISES QU'A LA LOCATION ET NON A L'ACHAT. POURTANT L'ACHAT NE COUTE QUE QUELQUES MILLIERS DE FRANCS POUR DES MATERIELS QUI PEUVENT FONCTIONNER DES ANNEES, CONTRE PLUSIEURS CENTAINES DE FRANCS PAR SEMAINE POUR LA LOCATION !
ICI OU LA, DES ASSOCIATIONS DEMANDENT A LA CNAM DES SOMMES MODIQUES (QUELQUES FRANCS PAR JOUR ET PAR PERSONNE) POUR LE MAINTIEN A DOMICILE DE CENTAINES DE PERSONNES ; LA CNAM REFUSE SYSTEMATIQUEMENT, PREFERANT L'HOSPITALISATION OU LE PLACEMENT EN INSTITUTIONS, QUI COUTENT 100 FOIS PLUS CHER ET VONT A L'ENCONTRE DU DESIR DES PERSONNES.
HORS DU MONDE DU HANDICAP, D'AUTRES GASPILLAGES EXISTENT.
AINSI DEPUIS DIX ANS, LE NOMBRE D'"HOSPITALISATIONS PSYCHIATRIQUES SOUS CONTRAINTE" A AUGMENTE DE 60%, TOUCHANT 40.000 PERSONNES PAR AN. OR, 44% DE CES INTERNEMENTS SOUS CONTRAINTE NE SERAIENT PAS MEDICALEMENT APPROPRIES (L'EXPRESS DU 10/05/2001).

SUITE A CES GASPILLAGES, LA SECURITE SOCIALE SACRIFIE A SES "ECONOMIES" LES GROUPES DE POPULATION LES PLUS FRAGILES. DES PERSONNES HANDICAPEES SE RETROUVENT SEULES DU JOUR AU LENDEMAIN, SANS TIERCES PERSONNES POUR LES SOIGNER, LES LAVER, LES LEVERS. DE TELLES PRATIQUES DOIVENT CESSER. ELLES RELEVENT DE LA NON-ASSISTANCE A PERSONNES EN DANGER.

FACE A DE TELLES ABSURDITES, LES PERSONNES HANDICAPEES EN VIENNENT A SE DEMANDER SI ON NE CHERCHE PAS A SE DEBARASSER D'ELLES (CF. LE LIVRE "L'EXTERMINATION DOUCE"). LA SECURITE SOCIALE SOUHAITE PEUT-ETRE FAIRE DES ECONOMIES GRACE A LA MORT DE QUELQUES CENTAINES DE PERSONNES HANDICAPEES PLUS ISOLEES QUE LES AUTRES ?

Merci de ton aide.
Amicalement. Claude.



Claude CHANZY : handicapé en détresse sans soins infirmiers
Nous sommes "émerveillés" de son "dedans". Mais, pour lui, son dehors signifie "galère".
Salut Claude ! LAREMI t'apporte son aide très modeste et espère contribuer à la fédération de ces détresses, mais surtout que des solutions soient trouvées, et très vite !

(Mis sur le site le 14/02/2002).

In extenso, ci-après le mél et la lettre de Claude
(seule la présentation, au niveau des retraits de début de paragraphe, a dû être modifiée)
.

De : chanzy.claude@neuf.fr

À: associationlaremi@yahoo.fr

Objet: Ma_lettre_à_Ségolène_Royal

Date: Wed, 30 Jan 2002 18:03:10 +0100

Je vous prie de trouver ci-joint copie de ma lettre à Mme Ségolène Royal.
En la lisant, vous découvrirez la situation de centaines de personnes handicapées en France.
Je vous la confie. Il y a certainement des situations identiques dans votre département.
Mr Claude Chanzy.

Mr CHANZY Claude   Montpellier,
Bt 22 N° 517 Le 16 décembre 2001
60 rue Paul Marrès
La Pompignane
34000 MONTPELLIER
04.67.79.17.76
chanzy.claude@neuf.fr


Mme Ségolène ROYAL
Ministre Déléguée à la famille,
à l'enfance et
aux personnes handicapées
10 rue Briançon
75015 PARIS


Madame la Ministre,


Je m'appelle Claude CHANZY. J'ai 42 ans. Je vis en fauteuil roulant électrique suite à une polio. Je suis demandeur d'emploi suite à un licenciement économique depuis le 01/08/01

Je vous propose d'ouvrir quelques pages du livre de ma vie de tétraplégique. Vous y découvrirez que je suis " un battant " mais que je m'essouffle.

A la grande loterie de la vie, j'ai hérité du gros lot. Pas celui qui fait rêver, l'autre.

J'avais 4 mois quand la polio m'a frappé. Bilan : la tétraplégie est là depuis quarante-deux ans, avec tout ce qu'elle implique. Au cours de mes 22 années d'hôpital et de centres de rééducation, j'ai conquis chaque geste que je pose, chaque muscle que je bouge et j'ai gagné une parfaite connaissance de mon corps qui ne répond que partiellement.

A la société, et plus particulièrement au personnel de l'hôpital Raymond Poincaré de Garches, qui m'a soigné dans les années 60 à 75 au pavillon Netter, je voudrais dire ceci.

Vous m'avez convaincu qu'il fallait que je vive. Je vivrais certes sur un fauteuil, mais je vivrais debout, en citoyen libre et égal à mes pairs. Pas question de pleurer sur l'ingratitude du sort, ni de demander des privilèges. En revanche, des textes existent qui m'assurent que j'ai une place à part entière dans la société. Ces textes-là, je demande à ce qu'ils soient appliqués. Je fais ma part du chemin, et il n'est pas semé de roses. Faites le vôtre !

De fait, je suis devenu le poil à gratter des administrations en tout genre. Mais mon combat va plus loin, car je renvoie à la société une image terrible. Je ne suis pas le seul, mais quitte à déranger un peu plus, j'accepte de tout dire. Et là, ce que j'ai à dire lève le voile d'un quotidien inimaginable que je partage avec de trop nombreuses autres personnes handicapés qui ont choisi l'autonomie.

Faute de personnalisation systématique de la compensation de ma situation de handicap, je me retrouve, ainsi que de nombreux tétraplégiques en France, dans l'impossibilité d'obtenir des soins infirmiers. Pas seulement ceux qui consistent à être levé, lavé et habillé. A cela s'ajoutent des actes purement médicaux curatifs et préventifs.

Ce corps, si j'ai appris à vivre avec lui, je sais à quel point tout problème, aussi minime qu'il soit au départ, peut avoir des conséquences en chaîne. Or, seul un infirmier attentif et régulier peut prévenir ses dérives.

Raison principale invoquée de cette absence de soins : le tarif des soins est le même pour les personnes handicapés et pour les personnes âgées, alors que le temps passé à leur chevet n'a rien à voir : 20 minutes en moyenne pour une personne âgée dépendante, au moins une heure pour les tétraplégiques.

De 1987 à 1996, Guy, infirmier diplôme d'Etat, est venu de Combaillaux à La Pompignane (quartier de Montpellier) tous les jours. Il ne devait théoriquement pas me prendre, car j'habite à 20 km de son secteur de travail. Mais déjà à l'époque, lui et une petite poignée d'infirmiers libéraux avaient pris conscience de notre difficulté à trouver dans nos secteurs respectifs les soignants dont nous avions besoin, et acceptaient de palier comme ils le pouvaient à cette carence.

Plus qu'un soignant, Guy est devenu un ami. Après 10 années de bons et loyaux services, il m'a dit son impossibilité de continuer, car la gestion de mon soin hors secteur lui posait trop de problèmes.

De 1996 à 1999 j'ai eu des hauts et des bas où Guy est parfois revenu pour parer provisoirement à l'arrêt des soins.

En 1999, ma dernière infirmière m'a dit " Je ne viendrais pas demain ". Et elle n'a pas cherché de remplaçant. Moi, si. 150 coups de fils... Chou blanc... Les raisons de ce refus de soins me dépassent. Un problème de rémunération, de quotas, de renvoi de responsabilité, de méconnaissance mais aussi, je suppose, de ce qui sous-tend ou de ce qu'induit la tétraplégie.

J'ai fais face à la difficulté comme j'ai pu et comme beaucoup d'autres : en bricolant des solutions qui n'en sont pas avec des " non-infirmiers " qui assurent mon lever et ma toilette.

En août 1999, une excellente nouvelle mais en même temps une complication complémentaire : je travaille. Un travail passionnant à La Coca International. Un vrai bonheur où je rencontre des intermittents du spectacle, des artistes pour qui je suis Claude, alias MC (Maître Comptable), le pote, pas le tétraplégique. Dire que je tiens à mon oasis quotidienne est un euphémisme.

Seulement voilà, à 8h30 il me faut être au boulot. Et pour ça pas de mystère, je dois me lever à 6h30. Mais qui va venir à cette heure-là pour le SMIC ou pour le prix d'un chèque emploi-service ? Alors, je paye. Pas un soignant, pas quelqu'un qui va m'aider à prévenir le pire, mais quelqu'un qui me permette d'être propre et présentable. Pour le reste...

Comme d'autres, je bricole donc ma misère, j'embauche au noir et je rémunère au prix fort la personne providentielle qui accepte de se déplacer. Je prends le risque de le dire et je dénonce le système qui m'oblige soit à me mettre en infraction avec la loi, soit à tout lâcher : mon travail, mon appartement, ma vie d'homme, de citoyen, ma liberté...

Si on me fait un procès pour l'emploi illégal de personnel, et bien, le problème sera mis sur la place publique ! Si les médias sont courageux, ils viendront pour expliquer ce qui se passe dans la réalité. Pour faire face à cette absence de soins que l'on pourrait associer à de la non-assistance à personne en danger, j'ai été obligé de faire plusieurs emprunts. Ayant été licencié après deux ans de bons et loyaux services, et après avoir subi les dégrèvements de mon AAH et de mon APL, aujourd'hui, j'arrive tout juste à sortir le nez de l'eau avec mon ASSEDIC (environ 57 % de mon ancien salaire brut).

Pourtant, j'ai tout essayé, les démarches avec mon médecin de famille, les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) et même la Caisse Primaire d'Assurance Maladie.

Et j'ai eu un résultat. Je me suis battu pour obtenir une hausse de la prise en charge de la Sécurité sociale. Un combat de dix mois qui s'est soldé par un protocole de soins entièrement adapté à ma pathologie et à mes exigences sociales et professionnelles.

Ce nouveau protocole médical, qui fait de moi un client enfin rentable pour une équipe d'infirmiers, n'a rien changé au problème. Le 08/08/00, j'ai envoyé 268 lettres accompagnées du protocole médical détaillé à l'ensemble des libéraux de Montpellier et ses environs. Au bout de sept semaines, je n'ai reçu que sept réponses négatives. Ne pouvant raisonnablement envoyer 268 recommandés avec accusé de réception, les 261 non-réponses s'expliquent fort bien. En ne me répondant pas ces professionnels peuvent apporter une présomption de preuve comme quoi ils n'ont reçu aucun courrier et de ce fait n'ont pas à se justifier auprès de la DRASS pour refus de soins comme l'exige la Loi.

Le 24/09/00, je fis une lettre au directeur de la DRASS de Montpellier. Il me répondit qu'il ne pouvait rien faire pour moi.

En août 2001, je demandais à la CPAM de Montpellier de revoir le protocole à la baisse en limitant les interventions et surtout de quotter ce protocole afin que je l'envoie en accusé de réception à une trentaine d'infirmières se situant à proximité de mon domicile. Ce qui fut fait le 03/10/01, après avoir reçu d'une amie une aide financière pour l'envoi de ces 30 recommandés.

Sur 30 lettres en AR, il y a eu en un mois que cinq réponses négatives dont trois en AR, six refus du retrait du recommandé (dont celui de l'infirmière la plus proche de mon domicile). Je pense pouvoir démontrer clairement l'abandon total des personnes lourdement handicapées de la part des infirmières libérales.

Le 12/10/01, lors d'une table ronde sur l'aide à l'autonomie de la personne handicapée, à Montpellier, j'ai rencontré Mme FAUCHEUX, de la DASS, qui m'a confirmé que, quoi que je fasse, la DASS ne peut en aucun cas contraindre une infirmière libérale à venir à mon domicile.

Je n'ai pas trop le choix de faire face ou non à ce qui m'arrive et qui peut arriver à tout le monde (ma polio, mon diabète, mon cancer du sein). Ce que je n'accepte pas, c'est d'avoir galéré 42 ans pour m'en sortir, dont 22 ans en hôpital et en centres spécialisés, de m'être battu pour m'intégrer totalement, et de voir tout remis en cause parce que personne n'est responsable de rien. Les aléas de la vie, je les accepte comme tout un chacun. L'absence de professionnalisme, de solidarité, de citoyenneté, non !

Je prends donc " les armes " pour faire savoir à mes concitoyens qu'il y a des choix à faire. Et que si c'est pour leur donner un os à ronger, il est inutile d'apprendre aux personnes tétraplégiques à se battre pour vivre. Depuis des années, je suis obligé de vivre sur des systèmes d'entraide pour garder la tête hors de l'eau. L'image qu'on a de nous, c'est celle de femmes et d'hommes assistés, mis financièrement à l'abri. Rien n'est plus faux.

Pour nous, rien n'est gratuit, tout acte de la vie quotidienne a un prix. Alors, on jongle. Economiquement, c'est une monstrueuse bêtise. Non seulement, une journée d'hôpital vaut une fortune, et il est beaucoup moins onéreux de vivre chez soi. Si nous étions correctement aidés, nous pourrions embaucher des chômeurs. Eux y gagneraient en dignité, nous aussi... Humainement... je n'ai pas les mots pour dire ce que je ressens.

J'aime la vie, et je veux la vivre jusqu'au bout.

Mais que me reste-t-il comme solution ?

Lors de ma dernière entrevue à la CPAM, j'ai suggéré, puisque l'on ne trouve pas de solutions adaptés, de signer une convention par laquelle la CPAM me financerait mes soins infirmiers d'hygiène à domicile, libre à moi de former et d'employer une ou plusieurs personnes. J'estime qu'avec 914.69 E (6000 F), je peux largement assurer la rémunération d'une ou deux personnes à temps partiel (rémunération à 110 % du SMIC incluant les congés payés et exonération des charges patronales URSSAF). Le coût pour lequel la CPAM de Montpellier est prêt à s'engager pour mes soins infirmiers est de plus de 1380 E (+ 9000 F). Cette solution, loin d'être idéale, pourrait me permettre d'envisager plus sereinement ma vie. L'infirmière n'interviendrait que pour des soins purement infirmier, comme le prévoit le PSI. La réponse de la CPAM est clair : parlez-en au ministère. Alors je vous en parle !

Et si demain la galère continue, si demain personne ne veut prendre ses responsabilités, je serai dans l'obligation de devenir un mendiant de la vie en demandant l'aumône pour m'aider à combler la carence du système infirmier libéral français.

Informé par Monsieur Jean-Luc SIMON, Président du GFPH, je sais qu'actuellement votre ministère organise une journée "réussite et handicap" pour valoriser l'image des personnes handicapées, ce qui est utile, et que vous sélectionnez à ce titre des expériences de vie réussies. Je pense que mon cas peut être un exemple pour tous ceux qui pensent que l'acceptation de la différence est une chance pour notre société.

Plus que jamais, à l'heure où toute la France doute sur le bien-fondé d'être né handicapé (affaire Perruche), il est plus que nécessaire que le gouvernement prouve que la seule réponse à la maladie et à la souffrance, c'est la solidarité nationale. Il y a urgence, il y a péril de vie. Aidez-moi, aidez-nous !!!

Je souhaiterai vous rencontrer, accompagné de Mr SIMON, pour vous dire de vive voix mon réel désir de vivre comme un vrai citoyen. Au cours de cet entretien, peut-être pourrions-nous ouvrir des perspectives de dialogue avec le monde infirmier libéral.

Je vous remercie de m'avoir accompagné au long de ces six pages, et je vous prie de croire, Madame la Ministre, en mes sentiments les plus respectueux.


Mr Claude CHANZY.