HANDICAPES EN DETRESSE
DE SOINS INFIRMIERS
Pour votre info' :
- l'adresse du site de Claude est : http://www.hedsi.fr.fm/,
- l'adresse mél de Claude est : claude.chanzy@wanadoo.fr,
son nmr : 04-67-79-17-76,
- l'adresse de la page que vous lisez est www.laremi.com/hedsi.html,
- l'adresse de la page "mère" est www.laremi.com/solidarite.html,
et l'adresse de notre site : http://www.laremi.com,
- cliquez parfois sur le titre pour lire le texte.
NB : H.E.D.S.I. pour «Handicapé En Détresse de Soins Infirmiers».
Dernière mise à jour de cette page : 16/03/2004.
| CLAUDE se promène devant l'Elysée !... | Palais de l'Elysée, PARIS. |
11/03/2004 à 14h30. |
| En
décembre 2002, le judo
à Etréchy ouvrait son site à l'ombre de LAREMI (http://ajes.laremi.com).
Aujourd'hui, 2è beau bébé de LAREMI, le site imaginé par CLAUDE CHANZY ouvre ! (Pendant quelques temps encore, nous laissons à votre disposition cette page qui relate les relations de CLAUDE avec LAREMI). |
http://www.hedsi.fr.fm/. Son adresse mél : info@HEDSI.fr.fm. |
01/02/2004. |
|
Présentation de l'avant-projet de loi pour l'égalité des droits et des chances des personnes handicapées (ayant pour objet de réformer la Loi d'orientation du 30 juin 1975) en Conseil des Ministres. [Voir l'avis de l'Unapei, du Collectif des démocrates handicapés; et nous allons demander à Claude son avis.] |
Palais de l'Elysée, PARIS. |
28/01/2004. |
Le
handicap vers l'autonomie : exemple avec HEDSI !
"De: "claude
CHANZY" <claude.chanzy@wanadoo.fr>
À: "L. A. R. E. M. I." <associationlaremi@yahoo.fr>
Sujet :
Le nouveau
HEDSI est arrivé !!!
Date: 18 Jan 2004 22:54:43 +0100.
Michel,
Le Nouveau HEDSI est en train de voir le jour, il sera entièrement finalisé
pour le 1er février 2004.
Son adresse sera http://www.hedsi.fr.fm/.
A partir de cette date, je cesserai de t'importuner, il sera opportun que tu
puisses pendant un mois laisser mes nouvelles coordonnées.
Cette nouvelle naissance, ne sera en aucun cas un adieu, puisque je vous tiendrais
au courant de ma folle aventure.
Cher Papa, c'est avec émotion que je te remercie de la confiance que
tu m'as fait. Si tu l'acceptes, je te propose de mettre sur mes liens, LAREMI,
sans lequel, je n'aurais pu exister et en qui je me sens très reconnaissant.
Un grand merci.
Claude.
(Mél du 18/01 mis sur
le site le 20/01/2004).
La
situation de Claude début 2004 : l'impasse ?
"De: "claude
CHANZY" <claude.chanzy@wanadoo.fr>
À: "L. A. R. E. M. I." <associationlaremi@yahoo.fr>
Sujet : "Et ça
continue...
Date: Sun, 11 Jan 2004 12:34:56 +0100
Bonjour Michel,
J'ai longtemps hésité avant de t'écrire ce mot. Car, logiquement
je ne devrais t'annoncer que d'excellentes nouvelles. Oui je devrais te dire
que tout va bien, que ce que l'on m'a promis est enfin arrivé, que tout
baigne... Il n'en est rien.
En effet, au bout du 31e jour, jai accepté de me ré-alimenter,
le 19 novembre 2003, puisque la DDASS venait de maccorder un triple forfait-poste
mandataire, et que linstitut qui me soigne acceptait de reprendre les
soins du soir jusquau 31 décembre 2003.
Le 25 novembre 2003, lors dune entrevue à la DDASS, il fut convenu
qu'une association serait mon mandataire, que je serai effectivement lemployeur
de mon personnel, qu'elle ninterviendrait quau niveau du contrôle
de leffectivité du paiement des salaires et établirait le
bulletin de paie, sous réserve dune évaluation précise
de mes besoins en aide à la personne. Il me fut précisé
que laide débloquée en urgence, ne répondrait dans
un premier temps que partiellement à ma demande, et quun réajustement
aurait lieu au cours de lannée 2004. Je nai à ce jour
aucune trace écrite de cette entrevue.
Le 2 décembre 2003, mes besoins sont évalués en aide humaine.
à 12 h par jour en semaine et à 6 h le WE, soit 312 h par mois.
Je narrive pas ce jour à obtenir un compte-rendu écrit de
cette évaluation.
Le 5 décembre 2003, on mindique par téléphone que
je ne dispose que d'un temps plein, soit, compte tenu des congés payés
et des obligations légales (médecine du travail + formation du
personnel + jours fériés), de 1333 h par an, soit 111.08 h par
mois, soit 3.70 h par jour, soit 3 h 42.
La DDASS a bien précisé que des moyens supplémentaires
serait débloqué en 2004 pour répondre aux besoins définis
dans l'évaluation. Mon mandataire me précise que cela sera impossible
en 2004 étant donné laide conséquente déjà
accordée. Je ne suis pas, selon ses propos, le seul handicapé
à satisfaire.
De plus, je devrais rémunérer mon personnel, et je serai remboursé
ensuite. La DDASS a bien précisé que mon mandataire faisait le
bulletin de paie et rémunérait mon personnel. Le montant de la
rémunération n'a pas été énoncé.
Enfin , mon mandataire m'a affirmé que la DDASS l'avait prévenu
que l'institut qui me soigne continuerait le soin du soir au delà du
31 décembre 2003, propos démenti par l'institut qui me soigne.
Dans une lettre du 22 décembre 2003, mon mandataire minforme que
les heures non consommées ne pourront être reportées d'un
mois sur l'autre, ce qui veut dire que je ne peux pas prévoir dans mon
contrat de travail une flexibilité horaire voire même une annualisation
des heures de travail. Ce qui me semble difficilement gérable, et minquiète
sur lutilisation des fonds alloués mais non consommés dans
le cadre dune aide à la personne.
La tarification horaire du salaire brut sera de 7.78 € de lheure.
Si je considère mon triple forfait-poste mandataire, conformément
à la circulaire DGAS/PHAN/3A/n°2002-522 du 11 octobre 2002, il m'est
attribué 9 650 € par an, ça fait 804,16 € par forfait
mensuel, soit, pour trois forfaits (cas maximum courant), 2 412,48 € pour
une personne dépendante par mois ! Soit 15 825.86 F.
Normalement étant l'employeur, je suis exonéré des charges
patronales URSSAF. Si comme me l'a annoncé mon mandataire, je ne bénéficie
que de 1 333 h annuelles soit 111 h par mois (pour 2 412.48 € mensuels).
La masse salariale est donc de : 2 412.48 € / 111 = 21.73 € de l'heure.
En tenant compte de 10 % de congés payés, que je souhaite inclure
dans le salaire, le salaire horaire brut est environ de : 21.73 € / 1.21
= 17.96 € = salaire horaire brut
Si, selon les termes de la lettre de mon mandataire le salaire brut est de 7.78
€, je minquiète de savoir où vont les : 17.96 €
- 7.78 € = 10.18 € de l'heure ?
Je peux aussi considérer le problème autrement.
Je paie bien 7.78 € de l'heure mon employé, mais dans ce cas précis,
j'ai à ma charge comme masse salariale horaire, congés payés
inclus : 7.78 € X 1.21 = 9.41 €
Je dispose alors de : 2 412.48 € / 9.41 € = 256.37 heures mensuelles.
Soit quotidiennement : 256.37 / 30 = 8.55 = 8h33, ce qui est différent
des 3h42 de mon mandataire.
Enfin ce contrat prend fin en décembre 2004. Aucune mention de reconduction
nest faite.
Donc tu comprendras que devant le fait que pratiquement tout et son contraire
ayant été dit, et non écrit, par de nombreux intervenants,
il mest impossible ce jour, de mengager plus avant sans avoir de
certitude. Jai beau questionner la DDASS et le Ministère, personne
ne semble vouloir prendre position.
Mais que faut-il faire ? Je ne sais plus.
Je ne peux recommencer une quatrième grève de la faim, sans mettre
ma santé en péril. Il faut donc que je trouve une autre façon
dexprimer ma colère pour obtenir simplement le droit de vivre dans
la dignité.
De plus, en fin de droit des ASSEDIC, je perçois maintenant lASS,
ce qui me fait une perte de revenus de 250 € par mois.
Ma situation nest donc pas très brillante. Je dois absolument retrouver
un travail pour continuer de survivre.
Bonne année 2004 tout de même.
Claude."
(Mél du 11/01 mis sur
le site le 11/01/2004).
27
jours de grève de la faim !
"De: "claude
CHANZY" <claude.chanzy@wanadoo.fr>
Date: Sat, 15 Nov 2003 18:28:13 +0100
Le temps s'écoule lentement...
Et notre espoir d'un jour meilleur s'éloigne petit à petit...
Mme Marie-Thérèse Boisseau, secrétaire d'Etat auprès
des personnes handicapées, après nous avoir promis son texte de
loi en juin 2003, puis en septembre 2003, puis le 10 décembre 2003, nous
annonce qu'il sera prêt pour février 2004...
A force d'attendre le droit de vivre dans la dignité, nous perdons tout
simplement le goût de vivre...
Mon combat à vie s'inscrit dans une volonté de refus de la fatalité
et dans une quête incessante du respect de la personne, quelque soit sa
différence.
www.laremi.com/hedsi.html
Claude Chanzy".
(Mél reçu et mis sur
le site le 15/11/2003).
Bonjour à tous,
Je ne peux vous donner de bonnes nouvelles.
La situation reste bloquée puisque ni le ministère ni la DDASS
34 ne peuvent (ou ne veulent) contraindre par astreinte l'APIGHREM, l'institut
qui me soigne, à reprendre les soins du soir à 21h00.
Certains d'entre vous me demande ce qui peut encore être fait.
Je pense que vous pouvez exprimez librement votre réflexion sur ma situation
auprès de
M. Robert YVANEZ
Directeur de l'APIGHREM
4 rue des Ourgouillous
ZA Les Avants
34270 SAINT MATHIEU DE TREVIERS
Tel : 04 67 55 16 00
Fax : 04 67 50 10 75
Merci à vous.
Claude Chanzy".
(Mél du 14/11, mis sur le
site le 14/11/2003).
Depuis le 1er septembre,
je n'ai pu de soins infirmiers parce que je m'obstine à refuser de me
coucher avant 21h00. Je paye donc très cher ma liberté. Mais je
ne suis pas le seul.
Un ami habite un quartier réputé peu sûr. Il a besoin d'être
aidé pour la toilette, le lever, le coucher, et nécessite des
soins particuliers.
Tous les cabinets
d' infirmiers des environs ont refusé de venir dans ce quartier peu fréquentable.
Il a finalement trouve
un seul cabinet d' infirmiers acceptant de venir.
Il y a 2 infirmiers
: le premier est tres bien mais quand il n' est pas la c'est l'autre qui vient.
Le second boit et
arrive parfois éméché; un jour, il a même failli
le laisser tomber par terre sous l'effet d'une imprégnation importante.
Cet ami refuse de
porter plainte car il n'y a que ce cabinet qui accepte de venir.
Dans 3 mois, l'Année Européenne des Personnes Handicapées sera close, notre Secrétaire d'Etat aux Personnes Handicapées aura peut-être déposé sa réforme de la fameuse loi de 75, on aura bien parlé (et bien bu) sur notre dos... et nous resterons seuls à espérer... un jour peut-être...
Merci, Michel, de me mettre ce petit billet d'humeur.
Merci de ton aide.
Claude.
(Mél du 01/09, mis sur le
site le 02/09/2003).
Depuis ma dernière lettre, j'ai cru que les choses allaient s'arranger. Les évènements récents prouvent le contraire.
1) Le samedi 16/08/03, à
20h50, l'équipe de soin arrive devant mon domicile. Je suis dehors, revenant
de la promenade de ma chienne. Linfirmier me demande «d'y aller»
(de rentrer pour commencer le soin). Je réponds : «Oui, dans dix
minutes, à 21h00».
Linfirmier me précise alors que la «règle des 20 minutes»
est toujours applicable. Je réponds : «Vous faites ce que vous
devez faire ; je ferai ce que je dois faire».
Léquipe de soins part à 20h52. Jai donc dormi pour
la 3è fois sur mon fauteuil.
2) Le dimanche 17/08/03,
la même équipe de soins arrive à 20h59. Je suis dehors en
compagnie de ma tierce-personne et de ma chienne. Je leur dis que jarrive
dans une minute. Linfirmier me dit : «On vous accorde cette minute,
mais si à 21h00 vous nêtes pas dans votre appartement, nous
partons». Je mexécute. Pendant mon coucher, et ce pour la
seconde fois, ma tierce-personne exprime, avec mon accord, le souhait dêtre
présente afin de se sensibiliser aux gestes professionnels de votre équipe.
En effet, lorsque jen exprime le besoin, je lui demande de me coucher,
et j'informe l'institution de ne pas passer ce soir-là.
Linfirmier refuse sa présence, disant quil est gêné
dêtre observé. Je my oppose, rappelant que je suis
libre de choisir qui peut être dans la pièce pendant mes soins.
Il décide alors darrêter le soin et me laisse nu sur mon
lit sans avoir fait la toilette du soir. Allant se laver les mains dans la salle
de bain, je lui demande de ma chambre quels sont alors mes droits.
Il me répond : «Vous navez le droit de rien du tout ! ! !».
3) Le lundi 18/08/03 au matin, le médiateur du service arrive en même temps que léquipe de soins : il souhaite assister au soin pour contrôler le travail. Etant donné que je nai pas été informé de cette venue et que je ny ai pas donné daccord préalable, je considère que cest une intrusion, je refuse sa présence et linvite prestement à sortir de mon appartement. Je signale que le contrat signé ne fait pas état de la possibilité dune visite à « laveuglette » à mon domicile. En sortant, il a voulu adressé la parole à ma tierce-personne. Celle-ci se sentant obligée de discuter la invité à sortir. Le médiateur du service lui a indiqué quelle «navait en aucun cas le droit de rentrer dans ma chambre pendant les soins». Il sest autorisé également à lui demander si elle pourrait assumer à lavenir mes couchers. Elle a répondu que sa situation était, pour lheure, provisoire. Je suis particulièrement choqué par cette attitude qui ne correspond en rien à lattitude que lon pourrait attendre, en principe, de cette fonction de «conciliation».
4) Le lundi 18/08/03 au
soir, léquipe soignante est arrivé dans mon appartement
à 20h56. Je leur ai signalé que, conformément à
un courrier précédent, toute intrusion en mon appartement avant
21h00 était une violation de domicile. Léquipe se dirige
alors vers ma chambre. Je dis quils nont pas le droit de circuler
librement dans lappartement sans mon autorisation avant lheure dusage,
soit 21h00. Ils repartent donc à 20h58.
Je passe ma 4è nuit sur mon fauteuil.
5) Le mardi 19/08/03 au
soir, la voiture de léquipe soignante est arrivé dans le
parking de mon immeuble à 20h52. A 20h57, léquipe soignante
se dirige vers moi. Je leur dis : « Jarrive dans trois minutes ».
Linfirmière répond : «on savance !». Je
dis «non, vous attendez trois minutes». Léquipe repart
à 20h59.
Je passe ma 5è nuit sur le fauteuil.
6) Epuisé par ce
combat, je propose de cesser du mercredi 20/08 au dimanche 25/08 inclus, les
interventions du soir en espérant qu'une prise de conscience aurait lieue.
Les mêmes attitudes se répétèrent, et je passe ma
6è puis ma 7è nuit sur mon fauteuil les 25 et 26/08. Les jours
suivants, je déclarais FORFAIT et me fis coucher par une amie. Ce jour,
1er septembre, les soins du soir à 21h00 me sont purement et simplement
supprimés. De plus, si je ne change pas d'attitude (sic), je reviens
à la case départ (je ne touche pas 20.000 F comme au Monopoly)
et revogue la galère !!!
Oui à priori on pourrait croire que je me délecte à "faire
c... mon monde".
Mais ce que je veux défendre derrière ces quelques minutes, c'est
le respect de l'être humain, c'est sa liberté de profiter jusqu'à
la dernière gorgée de la rare fraicheur en cette période
caniculaire. C'est une affaire de respect de la personne et de son espace social.
Rien d'autre !!!
C'est tout simplement le droit à la dignité. Je ne supporte plus
"on est sur notre lieu de travail (sic), on fait notre boulot, et on se
casse". Vous, tous les intervenants auprès d'une personne handicapée,
êtes chez une personne qui profite de votre passage pour goûter
tous les bonheurs de la vie par votre aide humaine. Pendant des années,
j'ai financé à perte mes soins infirmiers, et je n'avais pas toujours
la qualité d'intervention souhaitée.
Ce jour, j'ai des soins gratuits d'une excellente qualité, mais je deviens
petit à petit une chose objet de soins.
Oui Claude, il va falloir
que tu te la mettes dans le crâne cette phrase : "Vous navez
le droit de rien du tout ! ! !".
(Mél du 01/09, mis sur le
site le 02/09/2003).
|
22
fév. 2003 19:03:55 +0100 Le
vendredi 21/02/03 à midi, la DDASS 34 a averti le directeur
de l'APIGHREM qu'un
accord avait été conclu quant à la création
d'un service de soins infirmiers externalisés à domicile
pour la prise en charge de cinq patients sur Montpellier et ses alentours. Claude
Chanzy |
Note de LAREMI : le lien vers l'APIGHREM
et les caractères "gras" sont de LAREMI.
(Mis sur le site le 22/02/2003/22h30).
|
12
fév. 2003 18:54 |
|
... |
|
De: "Claude
CHANZY" <claude.chanzy@wanadoo.fr> Voici, Michel, un texte avec une bonne nouvelle : A partir de lundi
27/01/03, un centre spécialisé délègue le
matin et le soir tous les jours un infirmier et un aide-soignant pour
assurer la prise en charge de mes soins infirmiers.
|
| Question de M. CHRISTIAN JEANJEAN, Député de l'Hérault, au sujet de la grève de la faim de notre ami CLAUDE CHANZY. (Note du Claviste de LAREMI : cette annonce sous réserve : normalement le Parlement est à Versailles pour le 40è anniversaire du Traité de l'Elysée.) | Assemblée nationale, PARIS + FRANCE 3. |
22/01/2003 à 14h45 |
|
17
Jan 2003 21:37:39 +0100 Edition
du 15 Janvier 2003 |
| ... |
| ... |
|
Bonjour
Michel, ______________________________________ Cet été,
une proposition sénatoriale de Mr Blanc, me donne enfin l'impression
que le message est passé : nous avons été entendu,
et nombre de nos propositions figure dans son programme. Mme Marie-Thérèse
Boisseau, notre secrétaire d'Etat, nous promet pour fin 2003 une
nouvelle loi qui réformera notre fameux texte de 1975. Alors tout
va bien ? Je ne crois pas, car si les promesses sont belles, encore faudrait-il
définir les moyens de concrétiser une telle politique du
handicap. Que ce soit au niveau de l'Assemblée Nationale et du Sénat, les mêmes arguments reviennent et nous préparent inconsciemment à nous faire comprendre que les moyens financiers ne suivront pas ! De ce fait, nous aurons un bel édifice juridique mais sans aucun moyen financier avec, si ce n'est du saupoudrage ! Les députés, les sénateurs et l'ensemble des responsables politiques nous tiennent tous le même discours : Attention nous n'aurons certainement pas les moyens de financer une vraie politique pour les personnes handicapées ! On nous bassine avec la doctrine de l'équilibre budgétaire qui consiste à faire prendre conscience aux Français que des dépenses ne seront pas réalisées (et insidieusement on nous amène à comprendre qu'il ne sera pas possible de débloquer de l'argent pour les personnes handicapées) dans la mesure où le déficit public de la France est trop important et d'autant plus que la France est contrainte par le traité de Maastricht à revenir à l'équilibre budgétaire pour 2004 -2006 interdisant ainsi toutes réelles nouvelles dépenses et par conséquent interdisant probablement toutes dépenses de financement pour les personnes handicapées ou personnes atteintes aussi de maladie rare. Or que vaut une politique si elle n'est pas suivie des moyens financiers qui vont avec ? ELLE NE VAUT RIEN ! C'est sans doute ce qui se prépare pour la politique d'aide aux personnes handicapées ! C'est de cela qu'il faut être conscient et qu'il convient de rester vigilant par rapport aux effets d'annonces du gouvernement ! Grosso modo et je vous le dis clairement (et j'espère encore me tromper) : on va nous prendre pour des cons ! On informe les personnes handicapées par une dépêche AFP d'une hausse de l'AAH (Allocation Adulte Handicapé) de quelques 5% ! C'est faux ! Il ne s'agit pas d'une hausse de l'AAH par personne mais d'une augmentation du montant global de l'AAH qui est simplement due, d'une part à l'augmentation du nombres de personnes handicapées mais aussi à un système classique d'indexation sur le niveau de l'inflation ! Mais concrètement votre AAH n'augmentera pas même si une politique de communication du gouvernement consiste à faire croire à l'ensemble des français (et d'autant plus s'ils ne sont pas concernés par le handicap) qu'elle a augmenté ! On nous informe de la création de 3.000 places en CAT ! D'accord ! c'est bien ! Mais faut il préciser par exemple que l'UNAPEI estime les besoins à 20.000 places !! Que fait on pour les 17.000 personnes qui restent en attente de places ? Que fait on pour les personnes polyhandicapées et autistes dont TOUT LE MONDE RECONNAIT, responsables politiques compris, qu'il y a là une vraie urgence ! Aucune proposition !!!!!!!!! Les exemples ne manquent pas ! Les enjeux sont nombreux ! Mais pour ma part, je ne vois aucun signe concret de la part du gouvernement ! Certains me répondront que le Président de la République a décrété que la troisième priorité de son quinquennat était l'aide aux personnes handicapées ! Et comme beaucoup, je répondrai qu'il ne pouvait dire autre chose dans la mesure où 2003 est l'année européenne des personnes handicapées ! Faire un coup d'annonce de cette sorte, c'est devancer un problème qui permette quoi qu'il arrive au Président de la République de se protéger tant la France est le seul pays moyen-âgeux en matière de politique en faveur des personnes handicapées ! Ne pas citer comme troisième priorité l'aide aux personnes handicapées, cela, se serait s'exposer aux regards de l'ensemble des pays européens qui n'auraient pas manqué de souligner les lacunes de notre état Providence ! Nous sommes dans une logique de
combat, si ce n'est de guerre, dans le bon sens du terme dans la mesure
où nous ne devons lâcher sur absolument RIEN ! Pour ceux
qui en auraient encore des doutes, convient-il de dresser un bilan sur
l'ensemble des thématiques ? : EMPLOI - SCOLARISATION - TRANSPORT
- LOGEMENT - RESSOURCES - ACCUEIL DES PERSONNES AUTISTES ET POLYHANDICAPEES
- AUXILIAIRES DE VIES - SOINS INFIRMIERS - UNIVERSITE - MALTRAITANCE -
FORMATION PROFESSIONNELLE - CITOYENNETE - etc." ___________________________________ Voila,
Michel, mon texte pour ce jour. |
|
J'ai lu tes "articles"
et ai été sidéré, voire franchement écoeuré,
de la position du gouvernement et de l'attentisme ambiant des collectivités,
de l'irresponsabilisation à tout crin des fonctionnaires, c'est
même pas de la République, c'est du déni de la vie
de nos concitoyens, en d'autres termes, c'est l'indifférence telle
que c'est pire que le goulag où il existe une raison d'Etat et
un encadrement, ici et là rien pour les handicapés, le droit
de gueuler à volo, et de crever dans sa "merde", c'est
absoluement révoltant, j'ai écrit tout ça ce soir,
j'ai même pas mangé, tellement c'est "inique". |
Mél
envoyé par Claude
Mél de Claude
du 11/09/2002.
(Mis sur le site le 12/09/2002).
| Bonjour
Michel. Ma situation n'a toujours pas évolué, je vais fêter le 10 octobre prochain mon 3è anniversaire d'absence de soins infirmiers. Et, de plus en plus, je découvre des situations identiques à la mienne avec quelques fois des réactions épidermiques qui prouvent que trop c'est trop. Des personnes bien intentionnées (dont des personnes en fauteuil roulant) estiment que la toilette, le lever et le coucher sont des actes de la vie quotidienne qui chez la personne tétraplégique ne nécessite aucunement la présence d'une infirmière ou d'une aide-soignante. A ceux-là en particulier je souhaite répondre. Mon expérience d'absence de
soins infirmiers dont je fêterai le 10/10 le 3e anniversaire me
permet d'apporter de l'eau au moulin. Je vais donner quelques exemples
de ce que je subis quotidiennement de la non professionnalisation des
gens qui me lavent et me lèvent : Cela je le subis quotidiennement. La répétition et la
surveillance d'actes non professionnels m'agace particulièrement
provoquant souvent des gueulantes voire des changements de personnes.
Une infirmière peut certes faire des erreurs graves parfois mais
sa formation limite celles-ci. Que des personnes handicapés lassées
du système hospitalier refusent une compétence para-médicale,
c'est leur problème, je l'ai fait moi-même lorsque j'en avais
les moyens, mais par respect à ceux qui ne peuvent amputer leur
ACTP (Allocation Compensatrice Tierce Personne) de ce coût supplémentaire
de soins d'hygiène à domicile, qu'ils se taisent. Certaines
personnes tétraplégiques ne mangent pas le midi pour pouvoir
tenir financièrement. Ne remettons pas en cause ce droit fondamental
de prise en charge des soins d'hygiène à domicile par les
médecins et la Sécu au profit des personnes qui en ont réellement
besoin et ne semons pas le doute dans l'esprit des gens en faisant croire
à certaines personnes que des auxiliaires de vie ou des tierces-personnes
peuvent très bien faire ce travail à la place d'un personnel
formé pour. Claude Chanzy. Ci-joint, Michel, deux extraits de témoignages nous disant leurs difficultés et leur réaction face à ces situations insupportables. De Christiane. D'Olivier. |
In extenso, ci-après ce mél que nous a envoyé Claude.
|
ESPOIRS Chers amis, ===O=== COMPTE-RENDU
DE LA REUNION DU 11 MARS 2002 Pour
répondre à l'action de quelques personnes handicapées
; le ministère de l'emploi et de la solidarité a organisé
une réunion sur les aides humaines pour les personnes lourdement
handicapées à laquelle il a invité différentes
associations. ===O=== La ministre
de l'emploi et de la solidarité REUNION DU 11 MARS 2002 Elisabeth
Guigou, ministre de l'emploi et de la solidarité, et Ségolène
Royal, Ministre déléguée à la famille, à
l'enfance et aux personnes handicapées, ont présenté
aujourd'hui aux associations et personnes concernées un programme
d'actions pour les aides humaines destinées aux personnes en situation
de grande dépendance vivant à leur domicile. ===O=== COMPTE-RENDU
DE LA REUNION DU 14 MARS 2002 Vous
noterez l'absence des personnes handicapées présentes à
titre individuel le 11 mars de cette réunion. Leur participation,
ou du moins celle de certaines d'entre-elles est cependant prévue
pour les réunions suivantes. La possibilité de visioconférence
a été évoquée pour leur éviter d'avoir
à se déplacer. ===O=== Tout cela nous a mis
du baume au cur, et nous avons cru pouvoir obtenir ce que depuis
des décennies des associations de personnes handicapées
n'on su exiger d'une société qui est à l'origine
de la déclaration des droits de l'homme. Une amie, Mireille STICKELL,
IMC en fauteuil, est à la tête d'un groupe d'une vingtaine
de personnes (je viens de rejoindre ce groupe) qui sont prêt à
aller très loin pour que la situation des personnes handicapées
en France évolue rapidement. Elle nous dit ceci : ===O=== La lettre à
Jacques Chirac : Handicapés
dépendants pour tous les actes de la vie courante, nous demandons
avec détermination depuis longtemps l'obtention de moyens pour
vivre dignement, comme dans les autres pays occidentaux. ===O=== M. Chirac a délégué un de ses conseillers et nous assuré qu'il allait tout faire pour débloquer la situation. ===O=== La lettre pétition ouverte collective jointe aux ministères concernés : ===O=== À l'intention
Le 19 Avril 2002 Nous, personnes handicapées
en situation de grande dépendance ou membres de l'entourage subissant
directement les conséquences de cette dépendance, demandons
avec vigueur et détermination la mise en place rapide du dispositif
expérimental promis par vos ministères le 11 mars dernier. ===O=== Témoignage
de Jean-Christophe Parisot, Président du Collectif des Démocrates
Handicapés (CDH) : > > JC
Après les municipales et cantonales
de 2001 où 25 candidats CDH se sont présentés puis
l'élection présidentielle de 2002 où notre mouvement
a pu se faire connaître auprès de plusieurs millions de Français
en soutenant Jean-Christophe Parisot dans la course à BRAVO PHILIPPE !!!!!!! Je crois rêver... I have a
dream... ALORS.... |
Témoignage
proposé par Claude CHANZY
Une première
réaction reçue par Claude le 03/03/2002.
L'intéressé souhaite conserver l'anonymat : à la demande
de Claude, nous l'ajoutons donc ici.
(Mis sur le site le 05/03/2002).
In extenso, ci-après le mél que nous a retransmis Claude.
|
SITUATION DES PERSONNES HANDICAPEES AU "PAYS DES DROITS DE L'HOMME" TEMOIGNAGE D'UN JEUNE HOMME DE 24 ANS ATTEINT D'UNE MYOPATHIE DE DUCHENNE. Si j'écris
ici, c'est pour témoigner du sort qui est réservé
aux personnes handicapées en France ; il y a eu quelques progrès,
mais les pouvoirs publics ne font pas assez d'efforts dans notre direction.
Je m'appelle A... et je suis né en Ile-de-France en 1977. On a
découvert ma maladie en 1984. Je marchais déjà très
difficilement (plus petit déjà, je tombais "sans raison"
et j'avais du mal à monter les escaliers) et j'ai perdu complètement
la marche en 1986. Ma scolarité s'est assez bien déroulée
(en termes de notes du moins), toujours en milieu ordinaire; je suis presque
un privilégié, car c'est encore loin d'être le cas
de toutes les personnes handicapées. Ceci dit, dès cette
époque, mes parents ont eu un lourd fardeau à porter, tant
pour ma vie quotidienne que pour ma scolarité. Ma mère,
qui avait arrêté de travailler en 1974 lorsqu'elle attendait
ma soeur (mon frère est né l'année suivante), n'a
jamais pu reprendre d'activité professionnelle. Quand j'ai commencé
à marcher trop difficilement, elle a dû m'emmener à
l'école (distante d'un kilomètre au maximum) tous les jours
en voiture. Elle me portait sur son dos pour descendre les quatre étages
de notre immeuble, me chargeait dans la voiture, puis m'emmenait dans
ma classe au second étage, toujours me portant sur son dos. Un
jour, elle est tombée à la renverse, mais par chance nous
en sommes sortis sains et saufs. Je ne quittais presque pas la salle de
classe de la journée, sauf aux récréations, où
je me traînais tant bien que mal, en m'appuyant aux murs, jusqu'aux
toilettes du fond du couloir. Puis je regagnais la classe où je
passais le reste de la récréation à lire. Le soir,
ma mère me descendait et me ramenait chez nous. Ensuite, à
partir du CM1, ma classe étant désormais au rez-de chaussée,
ma mère n'eut plus qu'à me porter sur 5 ou 6 marches. Mais
il fallait tout de même me monter au deuxième étage
deux ou trois fois par semaine, pour la kinésithérapie et
l'informatique. Nous avons fait la demande de remboursement d'un fauteuil
roulant électrique pliant à la sécurité sociale
en fin de CM1 ou début de CM2, et avons dû attendre plusieurs
mois avant d'obtenir un accord. Enfin le fauteuil est arrivé ;
sur notre demande, la mairie a fait installer une rampe, et j'ai enfin
pu me rendre en classe dans de meilleures conditions, mais toujours emmené
par ma mère. Nous avons encore habité quelques mois au quatrième
sans ascenseur, puis nous avons déménagé dans un
appartement neuf en centre ville, au premier étage avec ascenseur QUEL AVENIR POUR LES PERSONNES HANDICAPEES EN FRANCE ? NOS REVENDICATIONS. NOUS EXIGEONS QUE
LES TRANSPORTS EN COMMUN ET LES BATIMENTS NEUFS SOIENT ACCESSIBLES, CONFORMEMENT
A LA LOI DE 1975. LE SCANDALE DU METRO EOLE (CE METRO PARISIEN FLAMBANT
NEUF DONT SEULES 2 OU 3 STATIONS SONT ACCESSIBLES) NE DOIT PLUS SE REPRODUIRE.
LES BATIMENTS NEUFS DOIVENT ETRE AUX NORMES, CONTRAIREMENT A CE QUI S'EST
PASSE AVEC LA BIBLIOTHEQUE FRANCOIS MITTERRAND. NOUS DEMANDONS DE NOUVELLES LOIS SUR LA MISE EN ACCESSIBILITE DES BATIMENTS ANCIENS, COMME L'A DIT MARIE-SOPHIE DESSAULLE, PRESIDENTE DE L'ASSOCIATION DES PARALYSES DE FRANCE EN FEVRIER 2002 SUR L'ANTENNE DE FRANCE INTER. NOUS DEMANDONS UNE REELLE COMPENSATION DU HANDICAP GRACE A UN DEPLAFONNEMENT DE L'ACTP (Allocation Compensatrice Tierce Personne). LES AIDES HUMAINES DOIVENT ETRE FONCTION DU TYPE DE HANDICAP. LES PERSONNES LES PLUS LOURDEMENT HANDICAPEES QUI ONT BESOIN D'UNE PRESENCE QUASI-PERMANENTE MAIS SOUHAITENT RESTER A DOMICILE DOIVENT POUVOIR LE FAIRE, SANS QUE LEURS FAMILLES SOIENT SACRIFIEES A CE DESIR LEGITIME. ET QU'ON NE NOUS DISE
PAS QUE TOUT CECI COUTE CHER, ALORS QUE DES CENTAINES DE MILLIONS D'EUROS
SONT GASPILLES CHAQUE ANNEE A CAUSE DES POLITIQUES ABSURDES ET UBUESQUES
DE LA SECURITE SOCIALE. DES EXEMPLES ? LA SECURITE SOCIALE NE REMBOURSE
LES LEVE-PERSONNES ET LES LITS MEDICALISES QU'A LA LOCATION ET NON A L'ACHAT.
POURTANT L'ACHAT NE COUTE QUE QUELQUES MILLIERS DE FRANCS POUR DES MATERIELS
QUI PEUVENT FONCTIONNER DES ANNEES, CONTRE PLUSIEURS CENTAINES DE FRANCS
PAR SEMAINE POUR LA LOCATION ! SUITE A CES GASPILLAGES, LA SECURITE SOCIALE SACRIFIE A SES "ECONOMIES" LES GROUPES DE POPULATION LES PLUS FRAGILES. DES PERSONNES HANDICAPEES SE RETROUVENT SEULES DU JOUR AU LENDEMAIN, SANS TIERCES PERSONNES POUR LES SOIGNER, LES LAVER, LES LEVERS. DE TELLES PRATIQUES DOIVENT CESSER. ELLES RELEVENT DE LA NON-ASSISTANCE A PERSONNES EN DANGER. FACE A DE TELLES ABSURDITES, LES PERSONNES HANDICAPEES EN VIENNENT A SE DEMANDER SI ON NE CHERCHE PAS A SE DEBARASSER D'ELLES (CF. LE LIVRE "L'EXTERMINATION DOUCE"). LA SECURITE SOCIALE SOUHAITE PEUT-ETRE FAIRE DES ECONOMIES GRACE A LA MORT DE QUELQUES CENTAINES DE PERSONNES HANDICAPEES PLUS ISOLEES QUE LES AUTRES ? Merci de ton aide. |
Claude
CHANZY : handicapé en détresse sans soins infirmiers
Nous sommes "émerveillés"
de son "dedans". Mais, pour lui, son dehors signifie "galère".
Salut Claude ! LAREMI t'apporte son aide très modeste et espère
contribuer à la fédération de ces détresses, mais
surtout que des solutions soient trouvées, et très vite !
(Mis sur le site le 14/02/2002).
In extenso, ci-après
le mél et la lettre de Claude
(seule la présentation, au niveau des retraits de début de paragraphe,
a dû être modifiée).
De : claude.chanzy@wanadoo.fr
À: associationlaremi@yahoo.fr
Objet: Ma_lettre_à_Ségolène_Royal
Date: Wed, 30 Jan 2002 18:03:10 +0100
Je vous prie de trouver ci-joint copie de ma lettre à Mme Ségolène
Royal.
En la lisant, vous découvrirez la situation de centaines de personnes
handicapées en France.
Je vous la confie. Il y a certainement des situations identiques dans votre
département.
Mr Claude Chanzy.
| Mr CHANZY Claude
Montpellier, Bt 22 N° 517 Le 16 décembre 2001 60 rue Paul Marrès La Pompignane 34000 MONTPELLIER 04.67.79.17.76 claude.chanzy@wanadoo.fr
Je vous propose d'ouvrir quelques pages du livre de ma vie de tétraplégique. Vous y découvrirez que je suis " un battant " mais que je m'essouffle. A la grande loterie de la vie, j'ai hérité du gros lot. Pas celui qui fait rêver, l'autre. J'avais 4 mois quand la polio m'a frappé. Bilan : la tétraplégie est là depuis quarante-deux ans, avec tout ce qu'elle implique. Au cours de mes 22 années d'hôpital et de centres de rééducation, j'ai conquis chaque geste que je pose, chaque muscle que je bouge et j'ai gagné une parfaite connaissance de mon corps qui ne répond que partiellement. A la société, et plus particulièrement au personnel de l'hôpital Raymond Poincaré de Garches, qui m'a soigné dans les années 60 à 75 au pavillon Netter, je voudrais dire ceci. Vous m'avez convaincu qu'il fallait que je vive. Je vivrais certes sur un fauteuil, mais je vivrais debout, en citoyen libre et égal à mes pairs. Pas question de pleurer sur l'ingratitude du sort, ni de demander des privilèges. En revanche, des textes existent qui m'assurent que j'ai une place à part entière dans la société. Ces textes-là, je demande à ce qu'ils soient appliqués. Je fais ma part du chemin, et il n'est pas semé de roses. Faites le vôtre ! De fait, je suis devenu le poil à gratter des administrations en tout genre. Mais mon combat va plus loin, car je renvoie à la société une image terrible. Je ne suis pas le seul, mais quitte à déranger un peu plus, j'accepte de tout dire. Et là, ce que j'ai à dire lève le voile d'un quotidien inimaginable que je partage avec de trop nombreuses autres personnes handicapés qui ont choisi l'autonomie. Faute de personnalisation systématique de la compensation de ma situation de handicap, je me retrouve, ainsi que de nombreux tétraplégiques en France, dans l'impossibilité d'obtenir des soins infirmiers. Pas seulement ceux qui consistent à être levé, lavé et habillé. A cela s'ajoutent des actes purement médicaux curatifs et préventifs. Ce corps, si j'ai appris à vivre avec lui, je sais à quel point tout problème, aussi minime qu'il soit au départ, peut avoir des conséquences en chaîne. Or, seul un infirmier attentif et régulier peut prévenir ses dérives. Raison principale invoquée de cette absence de soins : le tarif des soins est le même pour les personnes handicapés et pour les personnes âgées, alors que le temps passé à leur chevet n'a rien à voir : 20 minutes en moyenne pour une personne âgée dépendante, au moins une heure pour les tétraplégiques. De 1987 à 1996, Guy, infirmier diplôme d'Etat, est venu de Combaillaux à La Pompignane (quartier de Montpellier) tous les jours. Il ne devait théoriquement pas me prendre, car j'habite à 20 km de son secteur de travail. Mais déjà à l'époque, lui et une petite poignée d'infirmiers libéraux avaient pris conscience de notre difficulté à trouver dans nos secteurs respectifs les soignants dont nous avions besoin, et acceptaient de palier comme ils le pouvaient à cette carence. Plus qu'un soignant, Guy est devenu un ami. Après 10 années de bons et loyaux services, il m'a dit son impossibilité de continuer, car la gestion de mon soin hors secteur lui posait trop de problèmes. De 1996 à 1999 j'ai eu des hauts et des bas où Guy est parfois revenu pour parer provisoirement à l'arrêt des soins. En 1999, ma dernière infirmière m'a dit " Je ne viendrais pas demain ". Et elle n'a pas cherché de remplaçant. Moi, si. 150 coups de fils... Chou blanc... Les raisons de ce refus de soins me dépassent. Un problème de rémunération, de quotas, de renvoi de responsabilité, de méconnaissance mais aussi, je suppose, de ce qui sous-tend ou de ce qu'induit la tétraplégie. J'ai fais face à la difficulté comme j'ai pu et comme beaucoup d'autres : en bricolant des solutions qui n'en sont pas avec des " non-infirmiers " qui assurent mon lever et ma toilette. En août 1999, une excellente nouvelle mais en même temps une complication complémentaire : je travaille. Un travail passionnant à La Coca International. Un vrai bonheur où je rencontre des intermittents du spectacle, des artistes pour qui je suis Claude, alias MC (Maître Comptable), le pote, pas le tétraplégique. Dire que je tiens à mon oasis quotidienne est un euphémisme. Seulement voilà, à 8h30 il me faut être au boulot. Et pour ça pas de mystère, je dois me lever à 6h30. Mais qui va venir à cette heure-là pour le SMIC ou pour le prix d'un chèque emploi-service ? Alors, je paye. Pas un soignant, pas quelqu'un qui va m'aider à prévenir le pire, mais quelqu'un qui me permette d'être propre et présentable. Pour le reste... Comme d'autres, je bricole donc ma misère, j'embauche au noir et je rémunère au prix fort la personne providentielle qui accepte de se déplacer. Je prends le risque de le dire et je dénonce le système qui m'oblige soit à me mettre en infraction avec la loi, soit à tout lâcher : mon travail, mon appartement, ma vie d'homme, de citoyen, ma liberté... Si on me fait un procès pour l'emploi illégal de personnel, et bien, le problème sera mis sur la place publique ! Si les médias sont courageux, ils viendront pour expliquer ce qui se passe dans la réalité. Pour faire face à cette absence de soins que l'on pourrait associer à de la non-assistance à personne en danger, j'ai été obligé de faire plusieurs emprunts. Ayant été licencié après deux ans de bons et loyaux services, et après avoir subi les dégrèvements de mon AAH et de mon APL, aujourd'hui, j'arrive tout juste à sortir le nez de l'eau avec mon ASSEDIC (environ 57 % de mon ancien salaire brut). Pourtant, j'ai tout essayé, les démarches avec mon médecin de famille, les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) et même la Caisse Primaire d'Assurance Maladie. Et j'ai eu un résultat. Je me suis battu pour obtenir une hausse de la prise en charge de la Sécurité sociale. Un combat de dix mois qui s'est soldé par un protocole de soins entièrement adapté à ma pathologie et à mes exigences sociales et professionnelles. Ce nouveau protocole médical, qui fait de moi un client enfin rentable pour une équipe d'infirmiers, n'a rien changé au problème. Le 08/08/00, j'ai envoyé 268 lettres accompagnées du protocole médical détaillé à l'ensemble des libéraux de Montpellier et ses environs. Au bout de sept semaines, je n'ai reçu que sept réponses négatives. Ne pouvant raisonnablement envoyer 268 recommandés avec accusé de réception, les 261 non-réponses s'expliquent fort bien. En ne me répondant pas ces professionnels peuvent apporter une présomption de preuve comme quoi ils n'ont reçu aucun courrier et de ce fait n'ont pas à se justifier auprès de la DRASS pour refus de soins comme l'exige la Loi. Le 24/09/00, je fis une lettre au directeur de la DRASS de Montpellier. Il me répondit qu'il ne pouvait rien faire pour moi. En août 2001, je demandais à la CPAM de Montpellier de revoir le protocole à la baisse en limitant les interventions et surtout de quotter ce protocole afin que je l'envoie en accusé de réception à une trentaine d'infirmières se situant à proximité de mon domicile. Ce qui fut fait le 03/10/01, après avoir reçu d'une amie une aide financière pour l'envoi de ces 30 recommandés. Sur 30 lettres en AR, il y a eu en un mois que cinq réponses négatives dont trois en AR, six refus du retrait du recommandé (dont celui de l'infirmière la plus proche de mon domicile). Je pense pouvoir démontrer clairement l'abandon total des personnes lourdement handicapées de la part des infirmières libérales. Le 12/10/01, lors d'une table ronde sur l'aide à l'autonomie de la personne handicapée, à Montpellier, j'ai rencontré Mme FAUCHEUX, de la DASS, qui m'a confirmé que, quoi que je fasse, la DASS ne peut en aucun cas contraindre une infirmière libérale à venir à mon domicile. Je n'ai pas trop le choix de faire face ou non à ce qui m'arrive et qui peut arriver à tout le monde (ma polio, mon diabète, mon cancer du sein). Ce que je n'accepte pas, c'est d'avoir galéré 42 ans pour m'en sortir, dont 22 ans en hôpital et en centres spécialisés, de m'être battu pour m'intégrer totalement, et de voir tout remis en cause parce que personne n'est responsable de rien. Les aléas de la vie, je les accepte comme tout un chacun. L'absence de professionnalisme, de solidarité, de citoyenneté, non ! Je prends donc " les armes " pour faire savoir à mes concitoyens qu'il y a des choix à faire. Et que si c'est pour leur donner un os à ronger, il est inutile d'apprendre aux personnes tétraplégiques à se battre pour vivre. Depuis des années, je suis obligé de vivre sur des systèmes d'entraide pour garder la tête hors de l'eau. L'image qu'on a de nous, c'est celle de femmes et d'hommes assistés, mis financièrement à l'abri. Rien n'est plus faux. Pour nous, rien n'est gratuit, tout acte de la vie quotidienne a un prix. Alors, on jongle. Economiquement, c'est une monstrueuse bêtise. Non seulement, une journée d'hôpital vaut une fortune, et il est beaucoup moins onéreux de vivre chez soi. Si nous étions correctement aidés, nous pourrions embaucher des chômeurs. Eux y gagneraient en dignité, nous aussi... Humainement... je n'ai pas les mots pour dire ce que je ressens. J'aime la vie, et je veux la vivre jusqu'au bout. Mais que me reste-t-il comme solution ? Lors de ma dernière entrevue à la CPAM, j'ai suggéré, puisque l'on ne trouve pas de solutions adaptés, de signer une convention par laquelle la CPAM me financerait mes soins infirmiers d'hygiène à domicile, libre à moi de former et d'employer une ou plusieurs personnes. J'estime qu'avec 914.69 E (6000 F), je peux largement assurer la rémunération d'une ou deux personnes à temps partiel (rémunération à 110 % du SMIC incluant les congés payés et exonération des charges patronales URSSAF). Le coût pour lequel la CPAM de Montpellier est prêt à s'engager pour mes soins infirmiers est de plus de 1380 E (+ 9000 F). Cette solution, loin d'être idéale, pourrait me permettre d'envisager plus sereinement ma vie. L'infirmière n'interviendrait que pour des soins purement infirmier, comme le prévoit le PSI. La réponse de la CPAM est clair : parlez-en au ministère. Alors je vous en parle ! Et si demain la galère continue, si demain personne ne veut prendre ses responsabilités, je serai dans l'obligation de devenir un mendiant de la vie en demandant l'aumône pour m'aider à combler la carence du système infirmier libéral français. Informé par Monsieur Jean-Luc SIMON, Président du GFPH, je sais qu'actuellement votre ministère organise une journée "réussite et handicap" pour valoriser l'image des personnes handicapées, ce qui est utile, et que vous sélectionnez à ce titre des expériences de vie réussies. Je pense que mon cas peut être un exemple pour tous ceux qui pensent que l'acceptation de la différence est une chance pour notre société. Plus que jamais, à l'heure où toute la France doute sur le bien-fondé d'être né handicapé (affaire Perruche), il est plus que nécessaire que le gouvernement prouve que la seule réponse à la maladie et à la souffrance, c'est la solidarité nationale. Il y a urgence, il y a péril de vie. Aidez-moi, aidez-nous !!! Je souhaiterai vous rencontrer, accompagné de Mr SIMON, pour vous dire de vive voix mon réel désir de vivre comme un vrai citoyen. Au cours de cet entretien, peut-être pourrions-nous ouvrir des perspectives de dialogue avec le monde infirmier libéral. Je vous remercie de m'avoir accompagné au long de ces six pages, et je vous prie de croire, Madame la Ministre, en mes sentiments les plus respectueux.
|